En famille 13e Salon du livre de la petite édition et de la jeune illustration de Saint-Priest

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Grands frissons au château

Des petits éditeurs gonflés, des illustrateurs innovants, des expos et des ateliers…
Venez vivre le grand frisson et faire le plein d'émotions au Salon du livre de Saint-Priest traversé cette année par le thème de la peur.


Déjà 13 ans que le Salon de la petite édition et de la jeune illustration célèbre la liberté de ton et de traits. D'où une réputation, bien méritée, à l'échelle nationale. Cette année encore, du 16 au 18 novembre, une cinquantaine d'auteurs, illustrateurs et éditeurs à la démarche artistique innovante viendront prendre leurs quartiers au château et à la médiathèque de Saint-Priest. Avec, pour la première fois, la présence d'éditeurs de romans graphiques et de micro-éditeurs de fanzines illustrés, à l'instar d'Hoochie Coochie qui sera célébré cette année à Angoulême. Une belle nouveauté qui devrait permettre de mieux faire le pont entre différentes générations de lecteurs gloutons, qu'ils soient adolescents ou très grands. Mais point de cloisonnement ! Intergénérationnel et ouvert à ce qui se fait de mieux dans la création indépendante littéraire et graphique, ce salon n'oublie pas les plus petits. Rencontre avec l'éditeur Julien Magnani et l'illustrateur Olivier Philipponneau.

RENCONTRE
Les codes de l'image chamboulés
Créées début 2012, les éditions Magnani se distinguent déjà par la forte identité plastique et narrative de leurs albums. Rencontre avec un éditeur militant, Julien Magnani.


Pourquoi avez-vous pris le risque de créer une nouvelle maison d’édition dans un paysage que certains qualifient de saturé ?
Beaucoup de livres sont conçus en amont de la chaîne éditoriale comme des contenants par défaut, que l’on pourrait retrouver sur IPad ou IPhone. Je crois essentiel d’affirmer le livre comme un support de création en tant que tel et non comme un simple outil de lecture. Mon positionnement éditorial est aussi clairement tourné vers la littérature de l’image. Ce qui m’intéresse, c’est de découvrir et de suivre de jeunes auteurs qui se placent dans le champ du dessin contemporain et de la modernité. Je n’ai pas vocation à éditer ce qui a déjà été vu et revu.

Quelle est la place de la jeunesse dans votre catalogue ?
Les départements jeunesse sont apparus dans les grandes maisons d’édition dans les années 70, par souci marketing. Mais le terme de littérature jeunesse est teinté d’ambivalence. Où placer Le Petit Prince de Saint-Exupéry ou L’Île au trésor de Stevenson ? Dans le champ de la littérature pour enfants ou pour adultes ? On voit bien que ce cloisonnement n’a pas vraiment de sens. Je publie des livres illustrés non pas sur des critères d’âges, mais pour leur importance sur le plan artistique et littéraire. Un livre fort peut avoir plusieurs niveaux de lecture selon l’âge auquel on le lit.

Vous êtes néanmoins très soucieux de toucher le jeune public… 
À l’heure du numérique et de la dématérialisation des contenus, je crois qu’il est très important que les enfants continuent à lire des livres, qui sont un peu comme des objets transitionnels. Il n’y a pas seulement le plaisir de l’objet livre que l’on touche, feuillète et partage entre générations. Le livre participe aussi au développement de l’enfant. Il sollicite son imaginaire et sa faculté à donner du sens aux images immobiles, à leurs silences et à leur unité.

Comment expliquez-vous le succès d’estime de vos premiers ouvrages ? Je songe en particulier à l’album Le Tableau de Marion Fayolle…
Marion Fayolle est très jeune. Elle fait partie d’une génération qui a digéré les codes, autrefois segmentés, de l’album jeunesse, de la BD et de l’art contemporain, et a réussi à les amalgamer en proposant une écriture de l’image hybride et novatrice. C’est un trait qu’elle partage avec les autres auteurs que je publie : Simon Roussin, Annabelle Buxton… Tous ont également la caractéristique d’être des narrateurs de l’image autant que des mots. On peut être un illustrateur virtuose mais dénué d’intention littéraire. Cette dimension narrative transcende pour moi l’écriture du livre illustré. Je suis très attaché à la culture du manuscrit. 

Propos recueillis par Aude Spilmont

 

Portrait
Un trait qui ne triche pas
Olivier Philipponneau, illustrateur pour enfants et auteur de bandes dessinées, parle de son travail avec une modestie non feinte et sans emphase. À l’écouter, on retrouve son trait simple, dont l’expressivité épurée va à l’essentiel. Qu’on ne s’y trompe pas, il faut pourtant beaucoup de temps à Olivier Philipponneau pour réaliser ses illustrations dénuées de tout oripeau artificiel.

Car sa technique de prédilection, la gravure sur bois, nécessite à la fois patience et finesse d’exécution. Il dessine d’abord sur sa planche de bois de tilleul, creuse avec des gouges, imprime chaque couleur l’une après l’autre… Et s’il affectionne l’aspect organique de cette technique, il dit aussi qu’elle empêche de tricher. “On ne peut pas retoucher la gravure sur bois comme le dessin d’ordinateur. Chaque petite imperfection amène aussi de la vie, comme une part de vérité”. Depuis Le Ballon de Zébulon, magnifique album réalisé avec l’auteur Alice Brière-Haquet, le duo a continué de fonctionner sur trois autres albums.

Bien souvent, l’illustrateur n’a pas de contact avec l’auteur. Pour nous, c’est important d’être en synergie dès le début du projet et de le faire évoluer dans une sensibilité commune”. En témoigne leur dernier-né, Le Peintre des drapeaux (Éditions Frimousse). Dans cet album qui aborde sans infantilisme le thème de la guerre, texte et images semblent respirer de concert pour nous offrir une part d’humanité. 


Il fera Salon. Olivier Philipponneau sera présent à Saint-Priest pour des rencontres et ateliers. Une exposition permettra de découvrir l’ensemble des illustrations de son dernier album, des photos des différentes étapes de la gravure et une vitrine des outils.

Aude Spilmont


ET ENCORE
Même pas peur ! 
Cette année, le salon invite les enfants qui prennent un malin plaisir à avoir les chocottes sont invités à se faire de douces frayeurs…

Au programme :

> Découvrir l’univers parfois étrange et inquiétant de la jeune auteure illustratrice Julie Lannes, qui signe l’affiche du Salon. Son dernier ouvrage, Chimères génétiques, a été récompensé par le prix Sorcière 2012 du documentaire. 

> Entrer dans l’exposition Le Train fantôme, parcours insolite imaginé par les Éditeurs Associés, et se laisser surprendre dans la semi-pénombre par des illustrations grand format, des livres en mouvement, une musique aux tonalités inquiétantes, des effets de rideaux...

> Attention à Minestrone, la marionnette dévoreuse de livres, qui déambulera aussi dans le Salon en quête d’auditeurs. Elle pourrait bien sortir de sa bibliothèque ambulante des histoires de monstres ou de sorcières. 

> Comme chaque année, les enfants pourront également faire le plein d’ateliers (sérigraphie, retouches photos pour transformer la plus belle personne en créature terrifiante…). 


En pratique : 
Salon du livre “Petite édition Jeune illustration”. 
Les 16,17 & 18 novembre. Au château de Saint-Priest et à la médiathèque F.-Mitterrand. 
Entrée libre. Rens. 04 78 21 79 14. 
www.petiteedition-jeuneillustration.com

 

Spectacle :

3 rencontres le samedi et dimanche : Minestrone et Azet, héros du spectacle Tu m'en liras tant, de la compagnie Life is not a picnic, programmé au théâtre Théo Argence les 6 et 7/11 reviennent déambuler dans le salon pour conter des histoires qui font frissonner.

Les films de court-métrage :

- L’occasion de découvrir des univers animés inspirés par des œuvres sur papier d’auteurs et d’illustrateurs. Peurs d’enfants, frayeurs d’adultes, univers menaçants caractérisent la sélection de courts métrages d’animation qui sera projetée, des réalisations aux techniques variées : animation en volume avec par exemple Apeurée de Patricia Sourdès histoire d’une petite fille qui a peur tout le temps ou encore mélange de stop motion et de conception assistée par ordinateur avec L’inventaire fantôme de Frank Dion. Au caveau du chateau, de 14h à 18h.

Les ateliers d'éditeurs :

Samedi : 

- De 11h à 13h et de 14h à 18h : sérigraphie, par Drozophile, dès 7 ans.

- De 11h à 13h : fabrique ton fanzine, par Le cri de l'encre, dès 12 ans.

Dimanche :

- De 11h à 13h et de 14h à 17h : sérigraphie, par Drozophile, dès 7 ans.

- De 11h à 13h : fabriquer une couverture de la revue Georges, par les Editions Grains de Sel, de 7 à 12 ans.

Les ateliers d'illustrateurs :

Samedi :

- À 14h et 16h : initiation à la technique du papier plié et découpé, par Annette Tamarkin, dès 12 ans, durée 1h.

- À 14h et 16h : initiation à la gravure, par Olivier Philipponneau, de 3 à 6 ans, durée 1h30.

- À 14h et 16h : Créer son personnage à partir des albums Petit Lion et Victoire s'entête, par Claire Cantais, de 6 à 12 ans, durée 1h15.

- À 14h et 16h : Personnages imaginaires et pochoirs, par Aurore Petit, de 6 à 12 ans, durée 1h15.

- À 14h et 16h : Mon oiseau à toucher, par Sophie Bureau, de 3 à 6 ans, durée 1h30.

Dimanche :

- À 14h et 16h : créatures en méli-mélo, par Cruschiform, de 6 à 12 ans, durée 1h30.

- À 14h et 16h : atelier en pyjarama, par Frédérique Bertrand, de 6 à 12 ans, durée 1h.

- À 14h et 16h : symétrie et botanique, par Julia Wauters, de 6 à 12 ans, durée 1h30.

- À 14h : Chimères génétiques, par Julie Lannes, de 6 à 12 ans, durée 2h30.

- À 14h : La fabrique des océans (à partir de l'album Makö), par Julien Béziat, de 6 à 12 ans, durée 1h30.

- À 14h et 15h30 : Devant ma maison, par Marianne Dubuc, de 2 à 4 ans, durée 1h.

Les expositions :

- Le train fantôme des Éditeurs associés : Partant du principe des trains fantômes de fêtes foraines, cette exposition présente 20 à 30 illustrations de styles différents et abordant des thèmes variés sur la peur, le parcours était construit en faisant dialoguer les images entre elles.

 

- La Fanzinothèque, Le cri de l’encre : Le cri de l’encre propose de découvrir une partie de ces micro-productions au travers d’une installation éphémère et conçue comme une bibliothèque.

 

 

- Le peintre des drapeaux, Olivier Philipponneau : À l’occasion de la sortie du livre « Le peintre des drapeaux », découvrir, pour la première fois, l’exposition créée par Olivier Philipponeau autour de ce livre…

- Chimères génétiques, Julie Lannes : Exposition des originaux du livre « Chimères génétiques » de Julie Lannes édité en 2011 aux éditions de L’atelier du poisson soluble (Prix Sorcières 2012 dans la catégorie Documentaires). A l’artothèque. Visites en présence de l’artiste : samedi 17 novembre à 14h et dimanche 18 novembre à 11h. Départ de la visite au Château de Saint-Priest.

- La métamorphose iranienne, Mana Neyestani : Un premier livre qui retrace le cauchemar de l’artiste Mana Neyestani qui commence en 2006, le jour où il dessine une conversation entre un enfant et un cafard dans le supplément pour enfants d’un hebdomadaire iranien. Une plongée en apnée dans le système totalitaire kafkaïen mis en place par le régime iranien.

Sans oublier les rencontres avec les petits éditeurs : Cambourakis, Motus, Hélium, Grandir, Georges et les Éditions Grains de Sel, Le cri de l'encre,...

Et les illustrateurs : Frédérique Bertrand, Julien Béziat, Julie Lannes, Claire Cantais,...

 


13E SALON DU LIVRE DE LA PETITE ÉDITION ET DE LA JEUNE ILLUSTRATION DE SAINT-PRIEST

Infos pratiques

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