Édition  |  Dès 8 ans Panpi et Gorri sont de sortie !

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D’effrayantes découvertes sur une île perdue déserte, de la sorcellerie, des aventures spatiales, des cascades, un enlèvement mystérieux… le jardin et la maison de papi et mamie sont un véritable studio hollywoodien pour Panpi et Gorri. Leur malice, leur imagination transforment chaque infime événement du quotidien en une grande aventure. Des petits morceaux d’enfance, pleins de drôlerie, de justesse, de tendresse, sans jamais laisser de place à la mièvrerie. À l’âge où on confond naturisme et sciences naturelles, Panpi et Gorri sont d’une lucidité incroyable, de vrais philosophes en somme. La preuve avec ce dialogue : “ Tiens, on est d’accord, c’est bizarre… oui, c’est louche, ça fait comme un vide ”. 

Panpi & Gorri: spécialistes de l’aventure
De Marie Novion. Éditions Grains de Sel. 12,90 €.

Vincent Jadot 

 

Les Éditions Grains de Sel vous annoncent fièrement la sortie de sa BD Panpi & Gorri, spécialistes de l'aventure. Pour l'occasion, nous ne résistons pas au plaisir de vous faire rencontrer Marie Novion, auteure illustratrice, pleine de fantaisie, de fraîcheur et de piquant(s). Micro.


Comment sont nés Panpi et Gorri, personnages improbables et totalement reconnaissables tant ils sont proches des enfants ?
Ils sont nés dans la revue Georges avant de démultiplier leurs aventures dans un album tout entier. Panpi et Gorri sont deux petits chiens cousins, avec un petit grain de folie et beaucoup d’espièglerie.
Comme tous les enfants, ils ont une furieuse tendance à se saisir du quotidien pour s’inventer de grandes histoires qui les font rêver. Ils sont directement inspirés de ma propre enfance et de mes deux cousins. 


Dans votre BD, vous saisissez avec beaucoup d’acuité, par vos traits et vos dialogues, la fraîcheur et les émotions de l’enfance…
J’aime le côté non exemplaire des enfants, cette façon qu’ils ont de rester eux-mêmes. Contrairement aux adultes, ils ont du mal à cacher leurs sentiments comme la jalousie, la contrariété… J’ai eu envie de saisir ces moments où ils sont rattrapés par leurs émotions. Ce qui me touche aussi chez les enfants, c’est leur propension à donner de l’importance aux petites choses de la vie. Ils construisent une cabane et ils ont l’impression de vivre un truc méga-extraordinaire. 

Et vous, d’où venez-vous, qui êtes-vous ?
J’ai grandi à la campagne, au Pays basque, avant de faire mes études à l’école de l’image d’Épinal puis aux Beaux-Arts de Saint-Étienne. Je vis maintenant à Lyon, où je dessine dans mon atelier des illustrations pour la presse jeunesse : les revues Georges et Dada, les magazines Histoires pour les petits et Toboggan. J’ai aussi créé avec une amie Gaëlle Alméras la micro-maison d’édition Maison Komiki. On ose des projets un peu foutraques. On vient d’éditer deux BD collectives, faites sous la contrainte du cadavre exquis. 


Dans quel état êtes-vous lorsque vous dessinez vos personnages ?
Je crois que j’ai les têtes et les mimiques des personnages que je dessine. Lorsque je ne ris pas ou ne ressens pas les émotions de mes personnages, je me dis qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. 

On sourit et on rit beaucoup en lisant Panpi et Gorri. Insuffler de l’humour est-il une posture que vous avez dans la vie ?
L’humour permet de prendre du recul sur les choses, de voir les situations de façon un peu décalée dans ce qu’elles ont de cocasse ou de fantaisiste. Cela évite aussi de se prendre trop au sérieux. 

Quel regard portez-vous sur l’univers de la BD pour enfants ?
Certains auteurs illustrateurs font des choses très intéressantes, comme Anouk Ricard avec Anna et Froga, Mathieu Sapin et sa série la Fille du savant fou ou Emmanuel Guibert et Marc Boutavant dont j’admire le travail avec la série Ariol. Mais c’est un domaine où la production est limitée en comparaison de la profusion de titres d’albums de littérature jeunesse. C’est dommage parce que la bande dessinée apporte autre chose, cette symbiose entre les bulles et le dessin. Les BD instaurent aussi une relation de proximité avec le lecteur. Les enfants les lisent généralement seuls et les choisissent eux-mêmes. Les parents interviennent plus dans le choix des albums de littérature jeunesse.

Selon vous, de quelles qualités doit être doté un livre pour enfants ?
Les livres qui m’ont marquée lorsque j’étais enfant avaient tous des dessins un peu bizarres, décalés et des histoires surprenantes. Je crois qu’un auteur illustrateur doit avoir un parti pris très personnel et original. 

Vous travaillez dans un lieu que vous appelez le Palace Rouville....
C’est l’atelier que je partage, sur les pentes de la Croix-Rousse, avec 12 autres illustrateurs, graphistes, auteurs, sérigraphistes... Le lieu était délabré et on l’a entièrement rénové de nos propres mains. Alors maintenant, on l’appelle le Palace. Et c’est vrai que je m’y sens bien. J’ai une vue magnifique sur Lyon et j’ai la chance de pouvoir échanger avec des gens très sympas sur nos projets respectifs. J’apprécie l’émulation du collectif.

Comment vivez-vous la sortie toute fraîche de votre première BD ?
Je suis très heureuse d’avoir le livre imprimé entre les mains, mais j’appréhende aussi les réactions des lecteurs. J’ai fait ma première séance de dédicaces au Salon du livre de Saint-Étienne et deux petites filles sont venues, me voir. L’une d’elles, qui connaissait déjà Panpi et Gorri dans Georges, m’a dit qu’elle les adorait. Cela m’a intimidée et beaucoup touchée. 


Propos recueillis par Aude Spilmont.

Panpi et Gorri, spécialistes de l’aventure, 
de Marie Novion. Éditions Grains de Sel. 12,90 €.
> Sortie le 6 novembre 2012 dans toutes les bonnes librairies et sur notre boutique en ligne.