Arrivé par hasard dans le fameux pays des aveugles dont parlent les légendes, un homme tente de s’em­pa­rer du pouvoir. Dans cette société où priment d’autres valeurs, cet être arro­gant, confronté à sa propre igno­rance, va perdre ses certi­tudes. Au terme d’une profonde réflexion, il lui faudra choi­sir : être rejeté par ces habi­tants auxquels il s’est atta­ché ou accep­ter de deve­nir comme eux…

Pour conser­ver toute sa force au texte de H. G. Wells, Nino D’In­trona a créé une mise en scène épurée, où les lumières et la musique inter­pré­tée en direct jouent un rôle essen­tiel. Incar­nant tous les person­nages de cette fable, le comé­dien (N. D’In­trona en alter­nance avec Philippe Nesme) se fraye un passage sensible entre l’ombre et la lumière. Dès les premières minutes, le spec­ta­teur bascule dans un monde inconnu qui aiguise les sens. Guidé par les modu­la­tions de la voix, par la gestuelle cise­lée, il progresse à tâtons, lâche ses repères pour s’in­ter­ro­ger à son tour sur la rela­ti­vité du pouvoir. Menée de main de maître, cette pièce capti­vante laisse à chacun le soin d’ima­gi­ner la fin. 

Blan­dine Dauvi­laire, pour Grains de Sel.