Comment conci­lier la rigueur d’un musée archéo­lo­gique et le faux-semblant du cinéma ? Les musées ont choisi deux options diffé­rentes. À Saint-Romain-en-Gal, l’ex­po­si­tion nous invite à passer “derrière  les images” pour décryp­ter les diffé­rents “réfé­rents” du genre péplum. Une douzaine d’es­paces lèvent le voile sur les écri­vains, musi­ciens ou cari­ca­tu­ristes qui ont mis l’An­tiquité à la mode au 19e siècle, puis sur les diffé­rents motifs du péplum : batailles, catas­trophes natu­relles, reli­gions, festins et orgies, etc. Plus rigolo, l’ex­po­si­tion nous invite à réflé­chir aux arché­types du héros de péplum : géant, conqué­rant, titan, justi­cier ou colosse, souvent inter­prété par des stars du cultu­risme, à l’idéo­lo­gie sous-jacente, à la repré­sen­ta­tion des sexes ou à de réjouis­sants pastiches (ah, La Vie de Brian des Monty Python !). Des affiches très colo­rées, des maquettes de décors, des photos, des pubs et bien sûr des films jalonnent un parcours très vivant. À Lyon, l’ex­po­si­tion s’in­tègre dans le parcours – assez aride – des collec­tions perma­nentes. Cinq points d’étape, maté­ria­li­sés par des pavillons rouge vif, établissent un dialogue entre les péplums et les collec­tions du musée. Face aux gradins origi­naux en pierre prove­nant de l’am­phi­théâtre de Lyon, le visi­teur peut vision­ner, assis sur des gradins rouges, des scènes de combats de gladia­teurs en amphi­théâtre, dont des extraits deSpar­ta­cus (S. Kubrick, 1960). Devant la superbe mosaïque du musée repré­sen­tant les jeux du cirque, des extraits de plusieurs versions de Ben-Hur resti­tuent l’in­ten­sité drama­tique de ces spec­tacles. Jusqu’au 7 avril, des parcours commen­tés, des ateliers, des minis­tages, des spec­tacles et des confé­rences font égale­ment revivre cette réjouis­sante Antiquité à grand spec­tacle.

 

Anne-Caro­line Jambaud.