Deux lascars de 5e sont contraints d’al­ler travailler avec les boloss, ceux qui écrivent et réalisent le jour­nal de l’école. Les premiers vont impo­ser leurs méthodes aux seconds : ok, on raconte la vie de l’école, mais tous ses aspects, même la vie très privée des profs. Autant de sujets tabous qu’ils vont donc expo­ser à la vue de tous, vidéos postées sur le web à l’ap­pui. Mais, en allant fouiller dans les poubelles de leurs ensei­gnants (au sens propre comme au figuré), les lascars vont mettre le collège en danger. 

Rare­ment un film aura été aussi raco­leur dans la forme comme dans le fond et aussi nauséa­bond dans son discours. On parle souvent de la presse de cani­veau, ici c’est le cinéma qui rejoint ce niveau avec une vulga­rité décon­cer­tante. Inutile de s’at­tar­der sur le mauvais jeu des acteurs, la pauvreté de l’écri­ture ou de la réali­sa­tion, tant le sujet en lui-même est incon­ve­nant. Filmer sans scru­pule des gamins de 12 ans jouant les pires papa­razzi et tenter de rache­ter leurs fautes au nom de l’amour est en deçà de tout. Rien ne sauve ce film, ni le parrai­nage d’Alexandre Jardin (auteur de l’idée origi­nale), ni son ton de comé­die, ni surtout sa morale à deux balles : “ la vie est trop courte pour être petite ”. 

Véro­nique Le Bris.