En matière de spec­tacle vivant, rares sont les initia­tives perti­nentes en direc­tion des adoles­cents. Cons­cient qu’il s’agit d’un public parti­cu­lier, pas encore adulte, auquel on doit s’adres­ser de manière privi­lé­giée, Grégory Cauvin (respon­sable jeune public à l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne) a imaginé un festi­val qui leur est entiè­re­ment dédié. 

Pour cette première édition, Géné­ra­tion BuzZ ! propose trois spec­tacles sur la ques­tion du temps et de l’in­time.

> Monstres de la compa­gnie Bande d’art & d’ur­gence. Enfer­mée dans sa chambre, une adoles­cente vit la minute la plus angois­sante de sa vie : l’at­tente du résul­tat de son test de gros­sesse. En proie au vertige face à cet événe­ment qui peut tout chan­ger, elle laisse son imagi­na­tion s’em­bal­ler. Avec humour et finesse, l’au­teur Pascal Brul­le­mans s’em­pare de ce sujet déli­cat. Seule en scène, Corinne Méric se glisse avec justesse dans la peau de cette héroïne atta­chante.

> Quar­tier loin­tain de la compa­gnie STT d’après le manga de Jirô Tani­gu­chi. Propulsé dans le passé,  un homme qui est amené à revivre les événe­ments de sa jeunesse va tenter d’en modi­fier le cours. Dorian Rossel offre une adap­ta­tion inven­tive, sensible et humo­ris­tique de ce très beau récit qu’il met en scène avec talent.

> Dansez le sacre ! de Roger Bernat. Voilà une expé­rience collec­tive inédite où les spec­ta­teurs sont invi­tés à recréer ensemble une œuvre sur la célèbre musique de Stra­vinski. Coiffé d’un casque audio, guidé par les instruc­tions, chacun inter­prète à sa manière et en toute décon­trac­tion la choré­gra­phie de Pina Bausch. Que l’on sache danser ou pas, le plai­sir est conta­gieux.

Blan­dine Dauvi­laire