Impos­sible, quand on est un jeune Français, d’igno­rer trop long­temps ce chef-d’œuvre de Victor Hugo. Direc­te­ment inspiré de la comé­die musi­cale créée à Paris par Robert Hossein puis adap­tée à la scène anglaise en 1982, ce film est un honnête moyen de se fami­lia­ri­ser avec l’his­toire et les person­nages de ce roman-fleuve et d’avoir envie de le lire. L’his­toire reprend donc celle de Jean Valjean, condamné à 19 années de bagne pour avoir volé un pain. Devenu riche, digne et très géné­reux, Valjean sera pour­suivi toute sa vie durant par un poli­cier intrai­table, Javert. Nous sommes en 1832, la pauvreté gangrène la société, l’époque est révo­lu­tion­naire et tente de faire vaciller la monar­chie. 

Tout cela est repris dans cette comé­die musi­cale dont on peut saluer l’am­bi­tion. Certes, les décors (recréés en grande partie en Angle­terre) ne sont pas tout à fait réalistes, mais l’en­semble donne une très bonne idée de l’époque et du contexte. Le vrai problème, c’est la musique signée Boublil et Schön­berg, telle­ment enva­his­sante qu’elle en devient insup­por­table. Le reste, mis en scène par le réali­sa­teur du Discours du roi, est plutôt d’ex­cel­lente tenue. 

Véro­nique Le Bris.