Quoi de mieux qu’un comp­toir pour refaire le monde, repen­ser, entre deux espres­sos, les stra­té­gies géopo­li­tiques, écono­miques ou sociales ? Quand il a repris le Café de la Cloche tenu par son père, Philippe a décidé de convier des philo­sophes titu­laires de chaires pour animer de vrais débats dans son esta­mi­net. Devant le succès de son auda­cieux pari, il a ouvert ses soirées débats aux hommes poli­tiques, aux acteurs du monde de la mode, aux juristes, aux méde­cins… Qu’on ne se méprenne pas, le café reste un lieu popu­laire et convi­vial où les suppor­ters de l’OL ont aussi leurs soirées, pour assis­ter ensemble aux retrans­mis­sions télé. D’ailleurs, entre l’an­nonce d’une réflexion sur l’em­preinte du capi­ta­lisme et une autre sur le pouvoir de l’ho­méo­pa­thie, trône une cita­tion très expli­cite : “ ici on est comme au PSG, on ne marque pas, mais on encaisse ”.

Les bonnes raisons de pous­ser la porte de ce café ne manquent donc pas, ne serait-ce que pour appré­cier son cadre déli­cieu­se­ment rétro, son carre­lage à l’an­cienne, ses néons d’ori­gine et son impo­sante fresque murale, qui replace le quar­tier dans son contexte. On y voit l’hos­pice de la Charité (dont il ne reste que le clocher sur la place Anto­nin-Poncet), qui donna son nom à la rue. À consom­mer sans modé­ra­tion.

Vincent Jadot