C’est l’heure ! Il faut fran­chir la grande porte de cette “ usine ” flam­bant neuve, emprun­ter ses passe­relles métal­liques, fouler ses allées pavées et rejoindre ses ateliers de pelo­tage, de dorure sur cuir… Ceux qui n’ont jamais pratiqué la mise en forme d’un feutre (le chapeau en poil de lapin, pas le crayon) auront droit à une forma­tion accé­lé­rée grâce à un maître arti­san qui dévoi­lera ses secrets. 

C’est sûr, on ne chôme pas dans cet atelier-musée (nouvel­le­ment installé dans l’an­cienne fabrique de chapeaux Fléchet) ; plus qu’une appel­la­tion, c’est la promesse d’une visite où on n’est pas cantonné à regar­der des vitrines. Toutes les étapes de la confec­tion des chapeaux sont fidè­le­ment recons­ti­tuées, avec des machines en état de fonc­tion­ner. Tout ouvrier méri­tant sa pause, on pourra s’of­frir un voyage dans le temps, à travers l’his­toire des couvre-chefs (près de 400 modèles expo­sés) du Moyen Âge aux créa­tions excen­triques de Jean-Paul Gaul­tier. Pour défier le temps et dépous­sié­rer défi­ni­ti­ve­ment l’image de cette indus­trie, un atelier de produc­tion, un centre de forma­tion, 5 ateliers de créa­teurs ont pris place dans ces lieux riches d’his­toire(s). Pour se faire plai­sir, une boutique et la possi­bi­lité de se faire tailler un chapeau sur mesu­re…

Il n’y a pas d’âge pour décou­vrir l’usine, qu’on se le dise ! Pour former la main-d’œuvre de demain, des ateliers sont ouverts aux petits tours de tête, afin qu’ils se dégour­dissent les doigts en s’ini­tiant au feutrage de la laine ou en réali­sant un patch­work. Il y a égale­ment des visites guidées ludiques rien que pour eux et un livret jeu pour rele­ver le défi de Gorculu, afin de recru­ter de jeunes et talen­tueux chape­liers…. Autant dire qu’on va aller à l’usine, en famille et en sifflo­tant.

Vincent Jadot