Voilà plusieurs années que bruis­sait l’éven­tuelle adap­ta­tion du best-seller de Yann Martel, pour­tant répu­tée impos­sible. Jean-Pierre Jeunet s’y était cassé les dents et c’est cette fois Ang Lee (Tigre et dragon) qui s‘y colle. Pi, un jeune indien de Pondi­chéry, a grandi heureux dans le zoo de son père. Jusqu’au jour où celui-ci décide d’émi­grer par bateau au Canada. Le navire fait naufrage et Pi se retrouve sur un canot de sauve­tage, seul avec… un tigre du Bengale. 

C’est évidem­ment cette incroyable confron­ta­tion au beau milieu de l’océan paci­fique qui est contée ici. Mais, plus qu’une fable sur la survie, le film est conçu comme une confes­sion du survi­vant à un auteur fictif et se perd dans un discours reli­gieux, très appuyé, et par moment vrai­ment embar­ras­sant. Ang Lee profite néan­moins de la 3D pour filmer de près les animaux, la nature sauvage et surtout deux tempêtes en mer dans lesquelles on est plongé sans répit. C’est spec­ta­cu­laire, certes, mais clas­sique et même trop plan-plan pour qu’on adhère sans réserve.

Véro­nique Le Bris.