Rien ne prédes­ti­nait Rango, lézard indo­lent et bien nourri, à vivre une telle aven­ture. Et pour­tant, il la rêvait, sa vie. Car Rango est acteur, toujours prêt pour les plus grands rôles. Par acci­dent, il se retrouve en plein désert mojave. À peine arrivé dans une ville bapti­sée Pous­sière et étouf­fée par la soif, notre apprenti John Wayne va conti­nuer à jouer les héros. Mais, pour en deve­nir un vrai de vrai, il va devoir prou­ver qu’il en est capable : risquer sa vie, défendre ses amis, et surtout trou­ver pourquoi l’eau manque si cruel­le­ment à Pous­sière. Alors que le western est un genre qui se meurt, Rango le renou­velle drôle­ment. Ici, les prota­go­nistes sont tous des créa­tures du désert (des tortues, des lézards et toutes sortes de reptiles ou de bêtes à poils qui vivent dans ou sur le sable). La quête de l’eau a remplacé celle de l’or, et l’hu­mour les tensions habi­tuelles. Non pas que la violence ne fasse plus partie du décor, mais elle est subli­mée, moqueuse, alors que le film aborde un vrai sujet de fond. Rango est une excel­lente surprise qui, comme tous les bons films améri­cains pour enfants, diver­tira les petits en ravi­vant les souve­nirs des plus grands. 

Véro­nique Le Bris, Grains de Sel n°64, mars 2011