Sur les hauts plateaux du Tibet vit le chien jaune, un dogue réputé pour sa puis­sance et son extrême fidé­lité à son maître. Après le décès de sa mère, Tenzin, un jeune garçon de 10 ans, quitte la ville et rejoint son père, méde­cin itiné­rant de ces hauts plateaux peu hospi­ta­liers. Tenzin n’y a aucun repère : il connaît mal son père, un homme rude habi­tué aux condi­tions extrêmes, il n’a jamais vécu à la campagne et se retrouve à garder un trou­peau de moutons très indis­ci­pli­nés. Déses­péré, il est sauvé d’une situa­tion embar­ras­sante par un chien jaune au proprié­taire inconnu. Une affec­tion hors norme naît entre eux, qu’une succes­sion d’évé­ne­ments inat­ten­dus va encore renfor­cer. Et c’est grâce à ce chien que Tenzin va enfin pouvoir accep­ter son sort et la nouvelle vie qui s’offre à lui. 

Après un départ dérou­tant – le film est raconté comme un souve­nir par une voix off très distante, un peu profes­so­rale -, l’his­toire de l’in­té­gra­tion de cet enfant et la forte aven­ture dans laquelle il est plongé malgré lui prennent peu à peu une dimen­sion inat­ten­due, à la fois fantas­tique et quasi docu­men­taire. Avec tact, le réali­sa­teur Masayuki Kojima (Piano Forest) décrit un mode de vie et des croyances fortes à travers un person­nage qui, comme nous, est d’abord étran­ger au sujet. Enri­chis­sant. 

Véro­nique Le Bris.