Les petits Lyon­nais ont de la chance ! Dans le cadre du Festi­val, ils assis­te­ront en avant-première à la projec­tion de Belle et Sébas­tien dont la sortie sur grand écran est program­mée en décembre. Ce sera aussi l’oc­ca­sion de rencon­trer Nico­las Vanier, réali­sa­teur du film et explo­ra­teur de renom, juste avant qu’il ne reparte pour « L’Odys­sée sauvage », sa prochaine expé­di­tion entre le Paci­fique et le lac Baïkal.

De Nico­las Vanier, on connait bien la passion pour le grand froid, les chiens et la nature sauvage. Il a déjà raconté, à travers des livres et des docu­men­taires, les multiples expé­di­tions auxquelles il a parti­cipé. Pour la télé­vi­sion, il avait réalisé L’En­fant des neiges, qui racon­tait son année passée avec sa femme et son bébé à cheval entre les Rocheuses et l’Alaska, ou L’Odys­sée blanche, sa traver­sée du Canada en traî­neau à chiens. Au cinéma, il a dressé le portrait du Dernier Trap­peur cana­dien en 2004 et celui de Loup en 2008. 

Mais le virus de la montagne, de la neige, des chiens l’a attrapé beau­coup plus jeune. «  Enfant, j’ai été fan de la série Belle et Sébas­tien. J’avais rendez-vous avec eux tous les dimanches soirs, comme des milliers de Français. Je crois que j’étais la victime idéale, moi qui ai ensuite consa­cré toute ma vie aux chiens et à la nature  », se souvient-il aujourd’­hui. 

L’idée de l’adap­ter au cinéma n’est pour­tant pas seule­ment la sienne. « Quand Gaumont a réussi à acqué­rir les droits du feuille­ton, le faire revivre alors qu’il se mourait dans les archives de la télé­vi­sion française m’a beau­coup plu  », raconte Nico­las Vanier. « C’était un moment où j’avais envie de parler de la France et de réali­ser une fiction. J’ai commencé à écrire, à imagi­ner un récit en posant deux condi­tions : la première était de ne pas tour­ner qu’en hiver mais sur trois saisons, pour montrer toutes les couleurs de la nature. La seconde était de montrer la montagne sans les tenues fluo d’aujourd’­hui, sans les immeubles de stations de ski qui auraient agressé ma caméra. Je voulais privi­lé­gier l’har­mo­nie entre les couleurs et les matières : le cuir, la toile, la lauze  ». 

Contrai­re­ment au feuille­ton qui était contem­po­rain de sa diffu­sion, Belle et Sébas­tien est un film d’époque. Il est situé en 1943, au moment où la Gestapo occupe le village monta­gnard de Saint-Martin. Sébas­tien a alors sept ans et l’ha­bi­tude de parcou­rir les alpages en compa­gnie de César, son grand-père adop­tif. Ce village de Haute-Maurienne est en émoi : une bête décime les trou­peaux de moutons. Sébas­tien parvient à adop­ter ce gros chien blanc qui devien­dra dévoué à son nouveau maître, allant même jusqu’à rendre possible la fuite d’une famille juive en Suisse.    

« Cette notion de passage exis­tait dans la série avec des contre­ban­diers. Je m’en suis servi pour la drama­tur­gie du film, mais toujours en m’ap­puyant sur les fonda­men­taux de l’his­toire de Cécile Aubry, l’au­teure et la réali­sa­trice du feuille­ton », précise Nico­las Vanier. Dans le film, on retrouve donc les mêmes person­nages : César, Ange­lina, Céles­tine, la même propor­tion entre le petit garçon et l’énorme chien blanc… «  Trou­ver notre Sébas­tien a été compliqué : on a vu 2 400 petits garçons mesu­rant moins d’1,35 m pour fina­le­ment rete­nir Félix Bossuet. On pensait qu’un enfant de la montagne s’im­po­se­rait, mais non. Félix habite à Paris et n’a pas de chien !  »

Pour ne pas faire d’er­reur et bien comprendre ce qui a fait le succès du feuille­ton, Nico­las Vanier l’a revu une fois, en notant les points les plus impor­tants. « Mon seul souhait est de provoquer chez les enfants de 4 à 15 ans d’aujourd’­hui la même émotion que celle que j’ai pu ressen­tir quand, petit, je regar­dais la série. Et que tous ceux qui en ont été boule­ver­sés dans leur enfance retrouvent aujourd’­hui les éléments qui les avaient émus à l’époque. Je tenais à en retrou­ver le parfum, ce que m’a confirmé Medhi, qui jouait Sébas­tien à l’époque et qui incarne André dans mon film  ». 

Belle et Sébas­tien sortira dans toute la France le 18 décembre prochain. Dès le lende­main, Nico­las Vanier repar­tira à l’aven­ture avec son traî­neau et ses dix chiens pour une « Odys­sée sauvage » qui lui fera traver­ser en quatre mois la Mand­chou­rie, la Mongo­lie et une partie de la Sibé­rie. 

Véro­nique Le Bris.