Bébés, Azur, prince blond aux yeux bleus et Asmar, fils de la nour­rice arabe, ont été élevés au même lait. La vie les a bruta­le­ment sépa­rés. Mais Azur, devenu adulte, n’a qu’une idée en tête : retrou­ver la fée des djinns que sa nour­rice lui décri­vait dans ses contes, lorsqu’il était enfant et qu’il avait un frère. Même s’il lui faut pour cela braver toutes sortes de dangers et de sorti­lèges. Une fois l’aven­ture de Kiri­kou bouclée, on atten­dait avec impa­tience les nouvelles convain­cantes de Michel Ocelot. Elles arrivent dans une magni­fique histoire de tolé­rance et de fasci­na­tion pour la civi­li­sa­tion isla­mique du Moyen Age, d’une éton­nante et brûlante actua­lité. Enri­chi de décors à la beauté irréelle, ce conte passion­nant est du début à la fin d’une splen­deur inéga­lée. Tout y est somp­tueux, merveilleux ! D’un ravis­se­ment si raffiné qu’on ne saurait trop vous recom­man­der d’y aller plusieurs fois pour mieux en appré­cier tous les détails et, pourquoi pas, se fami­lia­ri­ser avec une civi­li­sa­tion brillante, pour­tant décriée ces temps-ci.

Véro­nique Le Bris
Critique parue dans Grains de Sel n°35, Septembre/Octobre/Novembre 2006.