C’est a priori une jour­née d’école comme les autres… sauf que Simon découvre sa maîtresse morte. Pendue, dans la classe. Comment les enfants vont-ils réus­sir à se remettre de ce trau­ma­tisme collec­tif ?

Grâce à Bachir Lazhar, un immi­gré algé­rien venu de nulle part mais pressé de faire la classe à ces jeunes Québé­cois, débous­so­lés par la violence de la mort de leur ancien profes­seur. Un homme aux méthodes d’en­sei­gne­ment ances­trales mais à l’hu­ma­nité intacte. Et pour cause… 

Inutile d’en dévoi­ler plus, car l’ar­gu­ment sert constam­ment l’in­té­rêt crois­sant que l’on a pour ce film. Cette plon­gée au cœur d’une école mont­réa­laise, souvent érigée en modèle par rapport à notre système éduca­tif mais qui montre ici ses limites, concer­nant notam­ment la maîtrise de la violence dans ses murs, est des plus salva­trices.

Pour les parents qui n’ont que rare­ment une idée précise de ce qui se joue derrière ses murs. Pour les enfants ensuite, qui s’ac­ca­pa­re­ront ce sujet fort, diffi­cile, pour mieux l’ap­pré­hen­der, le démys­ti­fier. Ils appren­dront aussi que les juge­ments hâtifs peuvent avoir des réper­cus­sions inat­ten­dues. Impos­sible qu’ils ne trouvent aucun inté­rêt à cette histoire sans tabous sur la violence et ses formes multiples, mais pour­tant parti­cu­liè­re­ment pudique.

Véro­nique Le Bris.