L’Ar­gen­tine, dans les années 1970, au plus fort de la dicta­ture mili­taire. Une petite fille de 7 ans vit, recluse, avec sa mère dans une maison-cabane au bord de l’océan. Rien n’y est confor­table, le vent a cassé les vitres, l’eau pénètre lors des fortes marées, il y fait froid, le paysage de dunes alen­tour est lunaire, inhos­pi­ta­lier. Elles vivent là, cachées, et partagent un secret que la petite ne comprend pas très bien. Lassée d’être seule, elle demande à aller à l’école, où elle se distingue vite comme une excel­lente élève. Elle est alors repé­rée pour parti­ci­per à un concours orga­nisé par la junte. Sans le savoir, ni le vouloir, elle met leurs vies en danger…

Le film est contem­pla­tif, il ne s’y passe rien ou pas grand-chose, sinon la vie qui s’écoule diffi­ci­le­ment, marquée par la rudesse des condi­tions. C’est l’his­toire de la réali­sa­trice, Paula Marko­vitch, qui a vécu ainsi une partie de son enfance. Elle signe ce témoi­gnage avec déli­ca­tesse, ne quit­tant jamais le point de vue de l’en­fant, lais­sant en suspens tout ce que la petite ne peut pas comprendre, mais s’ap­plique à montrer tout ce qu’elle ressent. Ce n’est pas un film facile, mais il est puis­sant. Tant qu’il a récolté de nombreuses récom­penses, dont le grand prix Ciné-Junior en 2012.

Véro­nique Le Bris