C’est un musée pas comme les autres, plus connu des Pari­siens que des touristes, mais qui vaut pour­tant fran­che­ment le détour. Créé en 1975, le Musée en herbe cultive l’idée que la rencontre avec l’art peut se faire tout petit, dès 3 ans, et propose des visites en forme de parcours de jeux de piste. Après Vasa­rely, c’est un artiste une fois de plus pres­ti­gieux que présente le musée : le génia­lis­sime et icono­claste Frie­dens­reich Hundert­was­ser (1928–2000). Avant de décou­vrir ce peintre, archi­tecte et écolo­giste avant l’heure, les enfants sont invi­tés à se chapeau­ter à la façon de Hundert­was­ser, qui soute­nait mordi­cus que la casquette le rendait plus beau et plus grand. En compa­gnie d’une anima­trice, ils vont pouvoir profi­ter d’une recons­ti­tu­tion de l’ate­lier de l’ar­tiste ainsi que d’une belle sélec­tion de ses œuvres : des pein­tures colo­rées qui donnent à rêver et des maquettes de maisons. Hundert­was­ser, qui se défi­nis­sait comme un docteur de l’ar­chi­tec­ture, riva­lisa d’in­ven­tion poétique pour en finir avec les immeubles tristes et stricts et mili­tait pour que la nature réin­tègre la ville. Au Musée en herbe, où il est inter­dit de ne pas toucher, des mani­pu­la­tions s’offrent aux enfants pour jouer avec son univers enchan­teur.

Aude Spil­mont