Après le décès de son père, Momo, une jeune fille d’une dizaine d’an­nées, débarque à Shio, la petite île où a grandi sa mère. Momo regrette Tokyo, d’au­tant que sa maman, qui cherche du travail, la laisse très souvent seule dans la vieille maison où elles habitent désor­mais. Isolée, sans amis, perdue dans cette nouvelle vie qu’elle refuse, Momo est complè­te­ment effrayée par les esprits (des yokaï) très gour­mands qui hantent la maison et qu’elle semble seule à voir. Mais peut-être sont-ils là pour son bien… 

Le deuxième film de Hiroyuki Okiura n’a rien à voir avec son premier long métrage, Jin-Roh : la brigade des loups. Il s’agit ici d’un conte fantas­tique très tendre, sur le deuil d’un enfant. Si le fond de l’his­toire est très dur, l’en­vi­ron­ne­ment où évolue la jeune fille est au contraire très doux et très harmo­nieux. L’île de Shio semble de toute beauté et les tradi­tions qui y ont encore cours vont aider Momo à passer ce cap très déli­cat de sa jeune exis­tence. Les yokaï sont des figures grotesques amusantes et affec­tueuses, qui permettent ainsi à ce film très touchant de quit­ter l’hy­per­réa­lisme dans lequel il s’in­crit pour s’en­vo­ler dans un univers drôle et fantai­siste plus que bien­venu. 

Véro­nique Le Bris