Tout au long de sa carrière, Jean-Pierre Jeunet a navi­gué entre l’en­fance et les destins extra­or­di­naires de person­nages appa­rem­ment ordi­naires. T. S. Spivet, son nouveau héros, est de ceux-là et en plus, c’est un enfant. Un jeune garçon bizarre, surdoué, qui invente la machine au mouve­ment perpé­tuel. Grâce à elle, il reçoit un pres­ti­gieux prix d’un musée de Washing­ton. Sans en parler à ses parents, il quitte son ranch du Montana pour aller cher­cher sa récom­pense. Un voyage qui le chan­gera à jamais. 

L’uni­vers de Jeunet est recon­nais­sable entre mille, même quand il adapte un roman, en l’oc­cur­rence celui de Reif Larsen. Dès la première image, on recon­naît ses visuels chaleu­reux, soignés, ses person­nages géniaux mais obses­sion­nels, mal inté­grés dans leur vie, ses fresques lyriques qui s’étalent sur toute une exis­ten­ce… ou tout au long d’un pays, comme ici. Dommage que ce nouveau film ne soit pas plus surpre­nant, car, même si elle est mélo­dra­ma­tique, l’his­toire reste plate, les rencontres de T. S. peu déter­mi­nantes et le dénoue­ment labo­rieux. À voir abso­lu­ment en 3D, tant cet aspect a été soigné et innove dans l’en­ri­chis­se­ment des images et du récit. 

Véro­nique Le Bris.