Du 15 janvier au 22 février, le festi­val Têtes de bois, à l’es­pace Tonkin, célèbre la marion­nette avec des spec­tacles où tout est permis, pourvu que persi­flage, grâce et fantai­sie soient de sortie. Entre­tien avec Véro­nique Desroches, program­ma­trice artis­tique.

 

 

Déjà 16 ans que le festi­val Têtes de bois festoie la marion­nette. Quel est le pouvoir d’at­trac­tion de ces pantins à forte tête, mani­pu­lés par des comé­diens ?

Ce n’est pas un hasard si on les retrouve dans les fêtes et carna­vals et que les Guignols de l’info sont aussi popu­laires. Les marion­nettes sont des projec­tions de nous-mêmes qui nous entrainent très loin. Elles sont des média­teurs qui peuvent tout se permettre, au-delà des conven­tions. Elles sont aussi capables de toutes les méta­mor­phoses et nour­rissent notre imagi­naire.

Vous soignez toujours beau­coup votre program­ma­tion. Comment la concoc­tez-vous ?

Je bouge, je vois des créa­tions et la program­ma­tion se fait à la faveur de coups de cœur et d’émer­veille­ment. Aujourd’­hui, des pantins sont souvent inté­grés dans des spec­tacles de théâtre d’objets, de danse ou de cirque, mais ne sont pas forcé­ment joués. Moi, je suis en quête de vrais spec­tacles de marion­nettes, avec un savoir-faire, un sens de la mani­pu­la­tion et un travail d’in­ter­pré­ta­tion. J’ai aussi le souci de montrer une grande variété de formes. Cette année, il y aura du théâtre d’ombres, de la marion­nette en lumière noire, de la marion­nette à gaine, de la marion­nette sur table.

Vous rece­vez notam­ment Émilie Valan­tin, grande prêtresse de la marion­nette, et la déca­pante compa­gnie Drola­tic Indus­try…

Émilie Valan­tin est une dame exces­si­ve­ment inven­tive, qui sublime le moindre détail et dont les spec­tacles tournent sur des scènes natio­nales et inter­na­tio­nales. Elle a  créé un spec­tacle autour de Poli­chi­nelle, avec des textes de diffé­rentes époques et un clave­ci­niste qui fera chan­ter le public. Je suis aussi très heureuse de rece­voir la compa­gnie Drola­tic Indus­try, dont je suis le travail avec beau­coup d’at­ten­tion. Elle sera très présente avec trois spec­tacles, tous très diffé­rents, et une magni­fique expo­si­tion. J’adore son univers graphique très BD et son ton inci­sif. Son spec­tacle Mabel Spring met en scène des cow-boys sans foi ni loi, avec du théâtre de papier joué sur un bar en zinc et un pianiste. Jazirraconte l’his­toire d’un dino­saure qui atter­rit dans une basse-cour et sème la pagaille. Trois petites formesriva­lise d’hu­mour et d’in­gé­nio­sité.

Quelles autres surprises nous réser­vez-vous ? 

Le Balsa­mique Théâtre présen­tera sa dernière créa­tion autour de l’his­toire des Trois Petits Cochons, trai­tée à la manière d’un polar. Il inverse les rôles : on se demande qui est le plus méchant entre le loup et les trois porce­lets roses, tous chena­pans. Pour les enfants dès 3 ans, Petit bond et sa grenouille en ombres chinoises colo­rées est très récréa­tif.

Propos recueilli par Aude Spil­mont