À six ans, Jung, petit Coréen, est adopté par une famille belge. Il se retrouve donc du jour au lende­main membre d’une fratrie nombreuse, seul asia­tique au milieu de petits blonds aux yeux bleus. Apprendre une nouvelle langue, comprendre de nouveaux jeux, aller à l’éco­le… Jung, adulte, revient sur ses souve­nirs, les bons comme les plus mauvais, et explique la diffi­culté à vivre l’adop­tion. À l’oc­ca­sion de son premier voyage dans son pays d’ori­gine,  il comprend que ce qui a dominé son enfance est une véri­table quête d’iden­tité et un fort besoin d’amour. Et cela, bien plus que ne l’ont ressenti ses frères et sœurs adop­tifs et même s’il a vécu dans une famille aimante. 

Mais c’est aussi dans sa forme que ce film est origi­nal. Adapté de la BD que Jung a écrite et publiée il y a quelques années, ce long métrage mixe en perma­nence le dessin animé, les films et les photos d’ar­chives mais aussi le docu­men­taire réalisé avec Jung lors de ce fameux voyage en Corée.  Par ce biais, le film échappe à la simple descrip­tion de l’en­fance mais parle aussi, avec recul, du chemi­ne­ment qu’a dû faire Jung pour être ce qu’il est devenu aujourd’­hui.  


Véro­nique Le Bris pour Grains de Sel n° 76 – juin, juillet et août 2012