Dans les quar­tiers pauvres de Brad­ford, au nord de l’An­gle­terre, Arbor et Swifty, deux ados renvoyés de l’école pour violence, se mettent à voler des métaux pour Kitten, un ferrailleur crapu­leux. Arbor est attiré par l’argent et l’in­ter­dit, Swifty par son cheval. Kitten lui propose de monter l’ani­mal dans une course clan­des­tine. Arbor, dont le compor­te­ment est souvent incon­trô­lable, devient jaloux. Il accepte alors d’al­ler voler du métal dans un endroit plus que dange­reux… Ancré dans la veine du réalisme social du cinéma anglais, ce premier film signé Clio Barnard reprend à son compte le titre et le thème géné­ral d’un conte d’Os­car Wilde, en le réac­tua­li­sant. Le géant égoïste est ce Kitten (chaton, en anglais), une figure pater­nelle de substi­tu­tion pour ces enfants margi­na­li­sés par la pauvreté. Fougueux, sans repères, Arbor n’a pas les armes néces­saires pour gérer cette mise en compé­ti­tion avec son meilleur ami. Il le paiera au prix fort. Un portrait très fin et jamais mora­li­sa­teur d’un enfant brisé malgré ses 13 ans, poten­tiel­le­ment dange­reux pour lui et pour les autres, relé­gué à expul­ser sans cesse sa colère contre et dans un monde fina­le­ment plus proche du Moyen Âge que d’un XXIe civi­lisé. 

Véro­nique Le Bris