Dans le bayou, au sud de la Loui­siane, vivent Hush­puppy, 6 ans, et son père. Leur maison est de bric et de broc, leur vie est un rafis­to­lage. Pour­tant, pour rien au monde, ils ne quit­te­raient cet endroit maudit des dieux, où la tempête fait parfois rage jusqu’à inon­der leur village. Ils sont d’ici et ne se voient pas vivre ailleurs. Même quand la terre se dérobe sous leurs pieds, quand elle est submer­gée ou enva­hie par des hordes d’au­rochs. Ils y sont nés et y mour­ront. 

Véri­table ode à la forte person­na­lité et à la puis­sante culture des gens du bayou, cette tranche de vie qui mêle réalité et légendes, force de carac­tère et sens de la fête, et fait fi de toute ratio­na­lité, oppose un père à sa jeune fille ou plutôt, propose une passa­tion, celle d’une manière de vivre unique qui ne résiste au temps qui passe et au temps qu’il fait que par la volonté de ses prota­go­nistes. Et ils ont la tête et le cœur durs. Fable parfois réaliste, ce film a reçu le Grand Prix du jury à Sundance et la Caméra d’or à Cannes. Si on peut diffi­ci­le­ment vanter l’ori­gi­na­lité de son propos, il faut accep­ter de se lais­ser aller dans cette aven­ture pas toujours aimable, au filmage trem­blé et à l’oni­risme parfois un peu plaqué. 

Véro­nique Le Bris