Lectures au-dessous de tout soupçon… ou presque !
 
Pour trou­ver l’un des plus grands rassem­ble­ments de voleurs, tueurs à gages, psycho­pathes et fins limiers à leurs trousses, une seule adresse, un seul repaire : le Palais de la bourse, à l’oc­ca­sion de la 10e édition de Quais du polar du 4 au 6 avril. Grains de Sel en a profité pour placer en garde en vue une brochette de jeunes héros de livres très recom­man­dables. Par Vincent Jadot.

Une affaire qui ne manque pas de piquant
Dès 8 ans
Le lende­main d’une visite au musée Picasso avec son père, pendant ses vacances à Antibes, le jeune Nino apprend que Le Gobeur d’our­sins, une œuvre célèbre du maître, a failli être volée. Il ne résiste pas à l’en­vie de se lancer sur la piste du cambrio­leur amateur. Un polar futé, comme son héros, un portrait de famille bien brossé, avec de subtiles touches d’hu­mour et de tendres­se…
Clau­dine Aubrun avait déjà montré ses quali­tés d’au­teur, et Nino ses talents de détec­tive (un peu fleur bleue) dans le très réussi : Qui a volé la main de Charles Perrault ? 

Qui veut débar­bouiller Picasso ?

De Clau­dine Aubrun. Éditions Syros, Mini Syros. 3 €.
 
On dirait le sud
Dès 10 ans
Mo, son nom est Mo comme Moïse sauvé des eaux. La narra­trice de cette passion­nante histoire a, en effet, été trou­vée près d’un fleuve, après un oura­gan. Recueillie par un couple singu­lier, le Colo­nel et Miss Lana, qui tiennent le café de Port-Tupelo, une petite ville du sud des États-Unis, Mo passe ses jour­nées entre l’école et le bar, où défile une brochette de person­nages plus trucu­lents les uns que les autres. Jusqu’au jour où Jœy Star, poli­cier inquié­tant, débarque et trouble les tranquilles habi­tudes de cette contrée. Un meurtre a été commis, les proches de Mo sont inquié­tés. La jeune fille va mener l’enquête. L’au­teur dépeint ce sud et ses habi­tants avec tendresse, cocas­se­rie et ironie. À peine a-t-on fermé le livre, qu’on rêve d’al­ler traî­ner ses bottes dans les rues de Port-Tupelo.

L’Aven­ture selon Mo

De Sheila Turnage. Éditions Le Seuil.14,50 €.
 
Le jeune homme qui en savait trop
Dès 11 ans
Un père cuisi­nier et son fils, tous deux ciné­philes, quittent, du jour au lende­main, leur routine pari­sienne, entraî­nés par une ancienne star. Ils débarquent, comme dans un rêve, à Holly­wood et parti­cipent à un projet de tour­nage secret. Malika Ferdjoukh emporte les lecteurs, jeunes ou moins jeunes, dans cette histoire a priori impro­bable, avec un rythme et un enthou­siasme dignes d’une brillante comé­die améri­caine. Elle signe un bel hommage au cinéma et en parti­cu­lier à Sir Hitch­cock, une irré­sis­tible invi­ta­tion à se plon­ger dans l’œuvre du maître du suspens. Tous les symp­tômes d’une joyeuse crise de ciné­phi­lie déli­cieu­se­ment conta­gieuse.

La Bobine d’Al­fred

De Malika Ferdjoukh. Éditions L’École des Loisirs. 14 €.
 
 
Le détec­tive qui posait les mauvaises ques­tions
Dès 11/12 ans
Après avoir pris connais­sance d’un message, posé sur le comp­toir d’un café par une incon­nue, le jeune Lemony Snicket n’hé­site pas à lais­ser ses parents en plan et à s’en­fuir par la fenêtre des toilettes. Il vient d’être recruté comme stagiaire par S. Theo­dora Mark­son, pire enquê­trice de la région. Tous deux se lancent à la recherche d’une statue mysté­rieu­se­ment dispa­rue… Une intrigue aussi nébu­leuse et intri­gante que celle du Faucon maltais. Une enquête dont on perd le fil dès les premières lignes, car là n’est pas l’in­té­rêt majeur du livre. Ceux qui ont lu ou vu les aven­tures des Orphe­lins Baude­laire n’hé­si­te­ront pas à se perdre avec délice dans cet univers dérou­tant et haut en couleur (celles des illus­tra­tions en bichro­mie de Seth, qui font de ce livre un bel objet). 

Lemony Snicket, Les Fausses Bonnes Ques­tions, tome 1

De L. Snicket, illus­tra­tions de Seth. Éditions Nathan. 15,90 €.
 
Ces espions qui n’exis­taient pas
Dès 12 ans 
Quatre jeunes gens, dont les parents sont morts parce qu’ils en savaient trop, ont survécu car ils ont été portés dispa­rus, rayés des registres offi­ciels. On les appelle les effa­cés. Ils ont été recru­tés par un mysté­rieux méde­cin, aussi énig­ma­tique que son nom : Mandra­gore. Ce dernier les lance sur des affaires trop vite clas­sées. Dans ce tome 1, il est ques­tion du virus le plus violent au monde et de la vente d’un vaccin avec des enjeux finan­ciers colos­saux. Un roman d’es­pion­nage au rythme soutenu, une écri­ture vita­mi­née, des thèmes qui collent à l’ac­tua­lité : tous les ingré­dients pour donner envie aux ados de ne pas perdre la trace de ces effa­cés.

Les Effa­cés

De Bertrand Puard. Éditions Hachette. 6 tomes parus. 14,50 €.

Bertrand Puard sera présent à Quais du polar.

 
Je… tue… il
Dès 13 ans
« Je n’ai pas choisi d’être lui (…). J’ai simple­ment laissé faire. » Cassiel Road­night, c’est l’his­toire de Chap (le narra­teur), adoles­cent fugueur qui usurpe une iden­tité pour tenter de se trou­ver une nouvelle vie, une nouvelle famille. Mais ce Martin Guerre* contem­po­rain va décou­vrir que la famille Road­night, qui l’ac­cueille comme l’un des siens, cache des choses, notam­ment sur la dispa­ri­tion du vrai Cassiel. Ce thril­ler hale­tant, parfois sombre, emporte le lecteur sur les traces du jeune héros et jette un éclai­rage singu­lier sur les tour­ments de l’ado­les­cence. 

La Double Vie de Cassiel Road­night

De Jenny Valen­tine. Éditions L’École des Loisirs. 16,50 €.

* L’af­faire Martin Guerre est une affaire judi­ciaire d’usur­pa­tion d’iden­tité, jugée à Toulouse en 1560. Elle a fait l’objet d’un livre et d’un film (avec Gérard Depar­dieu).





Retrou­vez tous ces titres sur le stand de la Librai­rie A Titre d’aile, au Palais du commerce (Lyon2e) à l’oc­ca­sion de Quais du polar.