Pas de thème commun pour ce programme de trois courts-métrages, mais une même démarche : mettre en avant la recherche graphique de l’ani­ma­tion actuelle. Chacun des films a son style et tous ont apporté un soin parti­cu­lier à leur décor, à leur dessin, à leur ambiance visuelle. La Chose perdue, le premier film, stylise dans une sorte d’aqua­relle un monde post­mo­derne, mélange de friche indus­trielle et de plage, qui colle parfai­te­ment au ton un peu fantas­tique de son histoire. Un jeune garçon soli­taire trouve La Chose, puis lui cherche un foyer pour la proté­ger. Mais la Chose n’est pas banale et assez enva­his­sante. Le deuxième film a pour héros Alexan­der, un trico­teur perché avec ses moutons au-dessus des nuages et qui, un jour, tombe de haut. Il passe alors des cieux aux tréfonds, dans un conte humo­ris­tique où fils et aiguilles auront leur rôle à jouer. Enfin, Rose et Violette, le plus long des trois, raconte le destin de deux sœurs siamoises, enga­gées par un cirque pour un numéro excep­tion­nel d’acro­ba­ties. Leur succès est immense, jusqu’au jour où l’amour s’en mêle. Fort de person­nages aux formes bizarres, ce film mise sur l’uni­vers coloré du cirque, qu’il oppose à la grisaille ambiante pour éclai­rer sa version opti­miste, géné­reuse de l’exis­tence. C’est à la fois triste et joyeux. 

Véro­nique Le Bris