Quand Brahim avait 10 ans, il habi­tait en banlieue pari­sienne, près d’une usine de grues dont son père était le gardien. Son meilleur copain s’ap­pe­lait Salva­dor, il venait du Chili. La cour de l’usine était un terrain de jeu formi­dable, Steve McQueen passait à la télé­vi­sion… Trente ans plus tard, Brahim Fritah se souvient de cette enfance pleine de rêves et d’aven­tures, de cette année char­nière où, enfant, il a commencé à s’éman­ci­per de sa famille, à se souve­nir de ses rêves et où l’usine de son père a démé­nagé à Perpi­gnan. 

La manière dont Brahim Fritah revient sur cette année est, au début, un peu dérou­tante. Il procède comme s’il feuille­tait un album photo. Chaque image lui rappelle un évène­ment, une sensa­tion, un rêve, une puni­tion… Et c’est à partir de ces souve­nirs furtifs qu’il resti­tue ce qui s’est passé d’im­por­tant dans sa vie d’alors, à Pier­re­fitte-sur-Seine, en 1980. La recons­ti­tu­tion de l’am­biance, du rythme que l’on donnait à l’exis­tence au début des années 1980 est extrê­me­ment fidèle et étran­ge­ment, on plonge avec délices dans une nostal­gie bien­veillante qui devrait séduire autant les parents que les enfants, qui jette­ront un œil curieux sur cette époque révo­lue. 

Véro­nique Le Bris