Connais­sez-vous la vraie histoire de Mary Poppins, cette gouver­nante aux super-pouvoirs qui redon­nait de la joie à une fratrie anglaise ? Ses filles étant embal­lées par le livre, Walt Disney a décidé de le porter au cinéma. Mais l’au­teur, une anglaise parti­cu­liè­re­ment coin­cée et déter­mi­née à ne pas se lais­ser perver­tir par Holly­wood, va mettre 20 ans à lui céder les droits. Walt Disney a beau l’in­vi­ter dans son studio, lui lais­ser quasi­ment les pleins pouvoirs sur l’adap­ta­tion, rien n’y fait, Pamela Lyndon Travers est revêche, son roman et ses person­nages lui tiennent bien trop à cœur pour qu’elle s’en détache. Déses­péré, Walt Disney est prêt à aban­don­ner quand il comprend enfin que l’en­fance de l’au­teur (et parti­cu­liè­re­ment son père) est la clé pour la conqué­rir. 

On se moque souvent du manque d’ima­gi­na­tion des scéna­ristes holly­woo­diens, qui ont tendance à resser­vir toujours les mêmes histoires. Celle-ci est fasci­nante et méri­tait large­ment d’être mise en scène. C’est évidem­ment un drame fami­lial qui en est à l’ori­gine. Mais comprendre ainsi comment un écri­vain a réussi à y trou­ver la matière pour inven­ter un person­nage aussi salva­teur que Mary Poppins est une bien belle leçon de vie. L’en­semble est passion­nant, jusqu’aux vrais enre­gis­tre­ments des échanges entre Travers et Disney, qui sont diffu­sés durant le géné­rique final. 

Véro­nique Le Bris