En France, aller à l’école va de soi. Et s’y rendre n’est presque jamais un parcours d’obs­tacles. Au pire, les enfants se lèvent un peu plus tôt, prennent le bus de ramas­sage scolaire, celui de la ville ou la voiture des parents si l’école est à plus d’un quart d’heure de marche. 

Pour Jack­son, 11 ans, qui habite dans la savane kenyane, pour Zahira, 12 ans, qui vit dans le haut Atlas maro­cain, ou pour Carlito, 11 ans, fils d’éle­veurs de la pampa argen­tine, c’est une autre paire de manches ! 

Le premier a 18 kilo­mètres à parcou­rir à pied, matin et soir, en évitant les éléphants qui peuvent char­ger à chaque instant, la deuxième, 22 kilo­mètres à chemi­ner dans la caillasse et la montagne, le dernier, 18 kilo­mètres à cheval à travers la Pata­go­nie, sa petite sœur en croupe. Sans parler des deux petits frères de Samuel qui poussent, dans le sable, l’eau et la pous­sière du golfe du Bengale, sa chaise roulante brinque­ba­lante, pour que leur aîné handi­capé puisse suivre une scola­rité normale. Comme le dit Zahira, “ aller à l’école, ça demande des efforts ”. Et ce n’est sûre­ment pas inutile de le montrer aux enfants d’ici. Ce que fait juste­ment ce docu­men­taire, simple­ment et joli­ment réalisé, en suivant ces enfants au plus près depuis leur maison jusqu’à la cour de leur école. 

Véro­nique Le Bris