Pour les beaux yeux d’Au­drey, Ted irait décro­cher la lune. Enfin, si elle la voulait. Mais Audrey, ce qu’elle veut c’est un arbre, un vrai. Car, à Thneed­ville, où elle et Ted habitent, les arbres ont depuis long­temps disparu, complè­te­ment. Ted décide donc de fran­chir les fron­tières très fermées de cette ville tout en plas­tique pour aller cher­cher le fameux végé­tal. S’il en reste. En chemin, il rencontre le Gash-pilleur qui lui raconte la légende du Lorax, l’âme des arbres, auquel celui-là a déjà eu affai­re… 

L’his­toire de ce dessin animé est formi­dable, et la manière dont elle est racon­tée aussi. On y retrouve l’uni­vers enchan­teur du docteur Seuss (Le Chat chapeauté), qui l’a écrite en 1970. C’est-à-dire très en avance sur son temps, car c’est aujourd’­hui qu’elle atteint sa réson­nance la plus forte. De plus, l’au­teur l’a agré­men­tée de deux messages fonda­men­taux : l’un, écolo­gique, explique qu’on vit beau­coup mieux en respec­tant ce que l’on a, qu’une consom­ma­tion effré­née ne peut jamais être un but en soi. L’autre est la morale dictée à la toute fin du dessin animé : “si tu n’agis pas alors que tu es concerné, qui agira ?”  Un pur moment de plai­sir à la péda­go­gie aussi intel­li­gente qu’ef­fi­cace. 

Véro­nique Le Bris, pour Grains de Sel n°76 – Juin, juillet, août 2012