Chaque nouveau film de Hayao Miya­zaki est un événe­ment. Et celui-ci ne devrait pas faire excep­tion. La craquante Ponyo est une petite fille pois­son qui se prend d’ami­tié pour un humain, le jeune Sosuke. Alors qu’elle est en danger hors de l’eau, il jure de veiller sur elle, quoi qu’il arrive. Et contre vents et marées, Sosuke tien­dra sa promesse.
Trans­po­si­tion de l’his­toire de La petite sirène dans le Japon actuel, ce conte merveilleux mêle ici avec un brio parti­cu­lier le monde marin, et même sous-marin, et le monde terrestre. Les dessins, pour­tant simples, sont d’une rare élégance, les person­nages très bien croqués, la menace des éléments fort présente. Un bémol toute­fois, si on a juste­ment tout à fait conscience qu’une morale écolo­gique plane sur l’en­semble, elle reste beau­coup trop diffuse et beau­coup moins percep­tible que dans Prin­cesse Mono­noké. L’his­toire même se dilue parfois jusqu’à deve­nir complexe à saisir, même pour un adulte. Restent la beauté et la force des images, notam­ment quand la mer enva­hit la montagne.

Véro­nique le Bris, critique parue dans Grains de Sel 48 – Avril / Mai 2008