Depuis les années 80, les conseils d’en­fants et de jeunes ont fleuri dans de nombreuses communes.

 

Focus en 8 ques­tions-réponses.

 

 

 

 

1. Qu’est-ce qu’un conseil muni­ci­pal d’en­fants ? 

Les conseils d’en­fants ou de jeunes sont des assem­blées qui réunissent des enfants ou des jeunes, de 7 à 25 ans. Leur voca­tion est de les initier à la citoyen­neté et de les faire parti­ci­per à la vie de la cité. Le premier conseil muni­ci­pal d’en­fant est né à Schil­ti­gheim, en Alsace, en 1979. Aujourd’­hui, on en dénombre plus de 3 000 en France. 

 

2. Où en trouve-t-on ? 

Aucune loi n’en­cadre les conseils muni­ci­paux d’en­fants ou de jeunes. Tout dépend de la volonté muni­ci­pale. Lyon est une des rares grandes villes en France qui n’en possède pas. Dans le Rhône et la Loire, on en trouve en revanche dans de nombreuses communes, clas­sées à gauche comme à droite. Villeur­banne et Caluire ont une très ancienne tradi­tion de conseils de jeunes ou d’en­fants. D’autres villes en sont dotées : Vénis­sieux, Écully, Saint-Priest, Meyzieu, Bron, Oullins, Saint-Étien­ne… Ces struc­tures dépassent le cadre muni­ci­pal. Le dépar­te­ment dispose depuis plus de dix ans d’un conseil géné­ral des jeunes du Rhône, très actif. 

 

3. Qui sont les enfants élus ?

Les enfants sont élus en milieu scolaire (école, collège, lycée) ou peuvent se porter volon­taires. Ils s’en­gagent géné­ra­le­ment pour un mandat de deux ans. 

 

4. Que font-ils ? 

Les enfants travaillent en petits groupes, appe­lés commis­sions, souvent autour de théma­tiques comme l’en­vi­ron­ne­ment, la soli­da­rité, les sports et loisirs. Ils peuvent aussi être impliqués dans des projets précis. Ils se réunissent en séance plénière deux à trois fois par an pour présen­ter leurs projets et débattre avec les adultes élus. Ils parti­cipent parfois avec leur écharpe trico­lore à des commé­mo­ra­tions. 

 

5. Qui encadre les enfants ?

Cela peut être un élu mais géné­ra­le­ment, ce sont des anima­teurs réfé­rents.

 

6. Le maire fait-il sa « pub » ? 

Ces dispo­si­tifs permettent aux maires de se posi­tion­ner à l’avant-garde de la démo­cra­tie parti­ci­pa­tive. Les élus veillent néan­moins à une dimen­sion apoli­tique de ces conseils d’en­fants, les sujets abor­dés étant plutôt consen­suels et non clivant poli­tique­ment. 

  

7. Y a-t-il des réali­sa­tions concrètes ? 

Les conseils d’en­fants ou de jeunes ont pour objec­tifs des réali­sa­tions concrètes. À Villeur­banne, les jeunes élus, qui mènent depuis un an un travail de réflexion sur les préju­gés et les discri­mi­na­tions, sont à l’ori­gine d’une expo­si­tion présen­tée à la Maison de l’image et du son. À Caluire-et-Cuire, un livret de sensi­bi­li­sa­tion aux jeux dange­reux (jeu du foulard, de la canette, de la tomate) a été créé par des enfants du conseil muni­ci­pal avec l’aide de l’in­fo­gra­phiste de la ville et distri­bué dans les écoles. À Bron, les jeunes membres de la commis­sion commu­ni­ca­tion éditent deux fois par an Quoi de neuf, un jour­nal écrit par et pour les enfants sur des sujets qui les préoc­cupent. À l’échelle du dépar­te­ment, le conseil des jeunes fait abou­tir, à chaque mandat, des projets desti­nés à tous les collé­giens. Ils ont notam­ment plan­ché sur l’amé­lio­ra­tion des condi­tions d’hy­giène dans les sani­taires des collèges et l’or­ga­ni­sa­tion d’une jour­née citoyenne handi­sport. 

 

8. Est-ce un gadget ou un outil de démo­cra­tie parti­ci­pa­tive ? 

Ces dispo­si­tifs ont indé­nia­ble­ment un aspect péda­go­gique. « Ils permettent aux enfants de comprendre concrè­te­ment comment fonc­tionne une collec­ti­vité et le rôle d’un élu. En conce­vant un projet, non pas pour eux mais pour les autres, les enfants sont aussi amenés à réflé­chir, à travailler en parte­na­riat avec des adultes, à se confron­ter à des contraintes budgé­taires. Quelques rares communes vont plus loin dans la démarche, en consul­tant les jeunes sur leur poli­tique jeunesse. Il faut tendre vers cela en consi­dé­rant les jeunes comme de vrais parte­naires, qui ont une exper­tise sur ce qu’ils vivent », plaide Marie-Pierre Pernette, délé­guée géné­rale adjointe de l’As­so­cia­tion natio­nale des conseils d’en­fants et de jeunes. 

 
Par Aude Spil­mont