C’est la première fois qu’un film observe le conflit israélo-pales­ti­nien à hauteur d’en­fants. Qu’il explique aux plus jeunes les pénibles condi­tions de vie des habi­tants dans les terri­toires occu­pés. Leur trau­ma­tisme. Leur lutte quoti­dienne. Ziad, 10 ans, vit à Naplouse. Il adore nour­rir et cares­ser les deux girafes du zoo où travaille son père vété­ri­naire, Yacine. Mais un soir, le mâle meurt dans un raid aérien. La femelle, souf­frant de soli­tude, commence à dépé­rir. Pour lui trou­ver un nouveau compa­gnon, Yacine, aidé par une jour­na­liste française, n’a pas d’autres choix que de se rendre en Israël, à Tel-Aviv. Un périple dange­reux, incons­cient, qu’il effec­tuera pour et avec Ziad. Gira­fada joue sur deux tableaux : il évoque avec justesse les rapports père-fils, parfois conflic­tuels, tout en distil­lant un suspens digne d’un film d’aven­tures. La présence de ce mammi­fère majes­tueux qu’est la girafe lui donne des allures de conte. Le plan où l’ani­mal, avec Yacine et Ziad, déam­bule au milieu de la ville avant de fran­chir l’im­mense mur de sépa­ra­tion prend une dimen­sion à la fois poétique et méta­pho­rique. Une manière émou­vante de prôner la récon­ci­lia­tion entre les peuples. 

Laurent Dijan