Cette année, le festi­val Les Nuits de Four­vière ouvre ses portes à deux compa­gnies de marion­nettes venues d’Amé­rique. Rencontre avec Domi­nique Delorme, direc­teur des Nuits de Four­vière, qui tire les ficelles d’une édition qui fera date. 

Pourquoi les marion­nettes font-elles leur appa­ri­tion dans le festi­val?

Ce qui est toujours déclen­cheur dans la program­ma­tion, c’est la rencontre avec les artistes. Lors d’un voyage à Montréal il y a deux ans, j’ai vu par hasard le spec­tacle Igno­rance des Old Trout Puppet et j’ai été enthou­siasmé. D’abord par le sujet, puisqu’ils racontent l’his­toire du bonheur depuis la préhis­toire et que c’est un voyage à travers les âges. Mais aussi parce que le spec­tacle trans­gresse tous les codes de la marion­nette : les marion­net­tistes montent sur le plateau, sont costu­més, fabriquent et mani­pulent à vue des marion­nettes à gaine et à fils… Il y a une immense liberté dans leur façon de pratiquer la marion­nette, ils inventent leurs propres histoires avec un point de vue sur le monde qui est singu­lier et un peu subver­sif.

Les Old Trout Puppet présen­te­ront un deuxième spec­tacle et des surpri­ses… 

Dans Famous puppet death scenes, ils abordent le thème de la mort tout en parlant aussi du bonheur. C’est une compa­gnie qui ne parle que des choses essen­tielles de la vie, de façon cocasse et extrê­me­ment vivante. En paral­lèle de ces deux spec­tacles qui seront joués au TNG, ils vont instal­ler leur atelier aux musées Gadagne et inven­ter un spec­tacle pour le petit théâtre de Gadagne. The Umbrella sera conçu à partir d’ex­traits de leur réper­toire et présen­tera cette petite compa­gnie de 5 personnes.

Nous allons aussi décou­vrir Ruben Orsini, dont ce sera la première venue en Fran­ce…

Musi­cien à l’ori­gine, cet artiste de Buenos Aires présente Mario­ne­tas, spec­tacle qui se passe dans deux valises qu’il ouvre… C’est à la fois de la mani­pu­la­tion de marion­nettes et de la musique, il n’y a pas une seule parole et ça raconte des tranches de vie avec beau­coup de déli­ca­tesse.

Pour autant, vous ne délais­sez par le cirque…

La compa­gnie Circa revient avec Beyond, caba­ret un peu coquin et drôle, mais qui reste sage (dès 12/13 ans). La troupe d’Ako­rea­cro présente Klaxon, son premier spec­tacle qui a gagné en matu­rité, c’est musi­cal, géné­reux et joyeux (dès 6/7 ans). Et Les 7 doigts de la main sont de retour avec Traces, spec­tacle emblé­ma­tique de leur compa­gnie (dès 10 ans). 

En clôture du festi­val, l’Éclat final sera plus spec­ta­cu­laire que d’ha­bi­tu­de…

Cette longue soirée, de 19h à minuit, débu­tera avec le musi­cien lyon­nais François Dumont d’Ayot et son quar­tet de jazz. La fanfare Mazalda, à la croi­sée du jazz et des musiques du monde, pren­dra la suite et fera dépla­cer le public au gré des spec­tacles.

Sur le grand théâtre, vers 21h, nous présen­te­rons Timber! du cirque Alfonse, spec­tacle très drôle où une famille de bûche­rons fait du cirque avec des scies, des haches, des bran­ches… Enfin, la compa­gnie du Cirk­vost (anciens des Arts Sauts), dont la spécia­lité reste la voltige, se produira sous une « cathé­drale » de 350 bambous géants qu’ils auront construite durant 6 à 7 jours. Ce sera spec­ta­cu­laire !

Blan­dine Dauvi­laire

Nuits de Four­vière