Six très courts métrages sans paroles, venus d’Ita­lie, d’An­gle­terre, de Russie, d’Al­le­ma­gne… vont permettre aux plus jeunes de décou­vrir le monde. Celui qu’ils voient et celui des créa­tures qui les entourent. Depuis la décharge où elle habite, Chinti, la fourmi russe, rêve d’un autre univers que celui, haras­sant, de la four­mi­lière. C’est le Taj Mahal qui l’en­thou­siasme, au point de passer sa vie à tenter de le recons­truire. Dodu, le garçon de papier, tout en carton, s’en­nuie telle­ment dans sa ville bruyante qu’il va suivre une amusante cocci­nelle, quitte à se retrou­ver perdu au milieu des flots. Le monde ne s’est évidem­ment pas construit en un jour comme l’illustre La Créa­tion, avec force maté­riaux diffé­rents (tissu, dentelles, aqua­rel­les…) et tout en couleurs chatoyantes. Et on peut se réjouir qu’il ne soit toujours pas fini. C’est le cas dans Grand frère, un petit film fasci­nant au parti pris très mini­ma­liste, où deux person­nages s’amusent sur la planche à dessin dès que leur créa­teur a le dos tourné. Ou qu’un simple Feu follet le ranime quand la lumière joue avec son propre reflet. Le monde gagne surtout à s’en­ri­chir des uns et des autres, comme le prouve, avec tendresse et poésie, Une bouteille à la mer, merveilleux dialogue à distance entre un bonhomme de sable et un bonhomme de neige. Un vrai coup de cœur ! 

Véro­nique Le Bris.