En 1945, alors que ses habi­tants croient que la guerre est finie, l’île de Shiko­tan, au nord du Japon, est soudain enva­hie par les Russes. Une fois les biens confisqués aux locaux, les deux commu­nau­tés apprennent à coha­bi­ter. En 1947 toute­fois, les habi­tants de l’île sont emme­nés de force à Sakha­line, sur le conti­nent, en Russie, et déte­nus dans une sorte de camp de réfu­giés, avant de pouvoir enfin reve­nir au Japon. 

C’est cet épisode histo­rique inconnu que raconte ici en détail ce dessin animé, réalisé par Mizuho Nishi­kubo, réputé pour sa colla­bo­ra­tion sur Ghost in the Shell 1 et 2. L’his­toire y est racon­tée du point de vue de Junpei Senô, un petit garçon d’une dizaine d’an­nées qui subit les évène­ments, les dispa­ri­tions avec le flegme de son âge. C’est aussi à cette époque qu’il connaît ses premiers émois amou­reux auprès de la jolie Tanya, la fille de l’of­fi­cier russe qui a confisqué sa maison. 

Inspiré de la vie d’un certain Hiro­shi Tokuno, qui a aujourd’­hui près de 80 ans, ce manga histo­rique au récit chao­tique et tragique est passion­nant, mais il reste complexe et parsemé d’évé­ne­ments cruels qui pour­raient ne pas être compris et suppor­tés par de trop jeunes enfants. Pas avant 10 ans, donc. 

Véro­nique Le Bris