Un solo de guitare clas­sique signé Narcisco Yepes, recon­nais­sable entre mille, des enfants et la seconde guerre mondiale. 

Voilà le trio de ce clas­sique parmi les clas­siques signé du réali­sa­teur René Clément. 

Le film débute par une séquence d’une émotion rare. En 1940, alors que l’exode s’in­ten­si­fie sur les routes de France, une adorable petite fille, Paulette, cinq ans (inter­pré­tée par Brigitte Fossey), survit à un bombar­de­ment avec son chien. Pas ses parents. Elle est recueillie par une famille de fermiers et se lie d’une profonde amitié avec leur fils, Michel (11 ans). Lorsque le chien de Paulette meurt, ils l’en­terrent digne­ment puis ne tardent pas à consti­tuer un véri­table cime­tière pour animaux, en volant les croix de celui des humains. 

La guerre filmée à hauteur d’en­fant pour mieux en dénon­cer les atro­ci­tés. Voilà le message plein d’hu­ma­nité que réus­sit à faire brillam­ment passer René Clément. Ce film magni­fique, mais pas toujours facile d’ac­cès – certaines scènes sont dures à suppor­ter –, est un violent réqui­si­toire contre «  cette conne­rie, la guerre  », comme disait Prévert, et une démons­tra­tion de son absur­dité. Les deux petits inter­prètes, qui recons­ti­tuent à leur façon le monde dans lequel ils vivent, sont parfaits, criants de vérité et d’émo­tion. Le film, ici en version restau­rée, a reçu le Lion d’Or de Venise en 1952. Un conseil toute­fois : n’ou­bliez pas les mouchoirs ! 

Véro­nique Le Bris