Pour vous guider dans vos choix, nous avons sélec­tionné les spec­tacles à ne surtout pas manquer. 
Il y en a pour tous les goûts, tous les âges, il ne vous reste plus qu’à réser­ver. Que la fête commence !

Par Blan­dine Dauvi­laire.

 
 
-( 3 ans )-
 
• Conte en musique •

Une nuit, un chat

Au cœur de la nuit, pour la première fois, Grou­cho quitte son lit et s’aven­ture hors de la maison… Grâce à cette version musi­cale, le célèbre conte d’Yvan Pommaux prend une toute autre dimen­sion. Accom­pa­gné par Pierre Méa à l’orgue, le narra­teur Nico­las 

Dangoise nous fait parta­ger les aven­tures de ce chaton en mal d’éman­ci­pa­tion et l’inquié­tude de ses parents. Une occa­sion en or de voir fonc­tion­ner le superbe orgue restauré de l’Au­di­to­rium.

> En janvier à l’Audi­to­rium.

 
 
-( 4/5 ans )-
 
• Arts du cirque en musique •

Rosie Rose

Dotée d’un CV impres­sion­nant (Cie Gandini Juggling, Cirque Baroque, Cie Jérôme Thomas), la comé­dienne jongleuse Karen Bourre compose un spec­tacle au charme rétro bercé par la musique des années 50. Dans un décor qui s’anime comme par magie grâce à la compli­cité de Julien Lanaud, elle saisit les balles au bond, manie l’om­brelle ou le hula hoop avec malice et multi­plie les surprises. Un très joli moment.

> En mars au théâtre de la Renais­sance, en avril à l’espace Albert-Camus.

 

-( 6/7 ans )-
 
• Nouveau cirque •

Solvo

Fondé par Frédé­ric Zipper­lin (ancien membre du Cirque du Soleil) et Anja Krips, le cirque Bouf­fon mélange volon­tiers l’acro­ba­tie tradi­tion­nelle, le théâtre, la danse et la musique. Dans ce nouveau spec­tacle, les artistes tentent de sauver le monde menacé par un déluge de papier symbo­li­sant toutes les nouvelles véhi­cu­lées par les jour­naux. Une fois de plus, le grain de folie, la poésie et la virtuo­sité de cette troupe excen­trique devraient faire merveille.

> En décembre et janvier aux Céles­tins.

 
• Jongle­rie musi­cale •

Le Chant des balles

Épous­tou­flant, faisant preuve d’une maîtrise tech­nique quasi parfaite, Vincent de Lave­nère est l’un des jongleurs les plus doués de sa géné­ra­tion. Dans ce spec­tacle origi­nal, son art entre en réson­nance avec les musiques anciennes jouées sur de drôles d’ins­tru­ments par Éric Bellocq. Ce duo sobre où chaque geste, chaque son, est porteur d’émo­tion, invite à la contem­pla­tion.

> En janvier à l’Opéra-Théâtre de Saint-Étienne.

 

-( 7 ans )-
 
• Nouveau cirque •

Six pieds sur terre

Impos­sible de résis­ter aux acro­ba­ties folle­ment délu­rées des six artistes de la compa­gnie Lapsus. Armés de 300 briques de bois, ces aven­tu­riers de l’équi­libre impos­sible construisent de fragiles édifices sur lesquels ils prennent appui. Quand tout s’écroule autour d’eux, ils délaissent les voltiges et le jonglage pour s’aven­tu­rer en mono­cycle sur un sol recou­vert de 800 coquilles d’œufs ! Jubi­la­toire.

> En novembre à l’espace Louise Labé, en janvier au Séma­phore d’Iri­gny, en juin au TNG.

 
• Danse •

Tel Quel !

De manière décom­plexée et avec beau­coup de finesse, Thomas Lebrun aborde le thème de la diffé­rence. Pour ce faire, le choré­graphe réunit quatre danseurs dont les parcours et les physiques ne répondent pas forcé­ment aux stan­dards en vigueur. S’ac­cep­ter tel que l’on est, aimer les autres pour ce qu’ils sont, être tolé­rant… le message huma­niste trans­mis par ces inter­prètes bour­rés d’hu­mour et de talent est aussi traduit en langue des signes. Un spec­tacle salu­taire.

> En septembre à l’Opéra-théâtre de Saint-Étienneoctobre au théâtre de la Renais­sance et à la Maison de la danse.

 
• Musique •

Concerts inven­tifs

Jamais la program­ma­tion de l’Au­di­to­rium n’a été aussi riche et éclec­tique que cette année. Côté jeune public, les propo­si­tions origi­nales se multi­plient avec un concert-jeu de l’or­chestre natio­nal de Lyon autour des musiques améri­caines, dirigé par Diego Matheuz, où le public est invité à parti­ci­per (octobre). Les machines sont à l’hon­neur le temps d’un concert réunis­sant des parti­tions sacré­ment ryth­mées et faisant inter­ve­nir aux platines le DJ-compo­si­teur Mason Bates, sous la direc­tion de Leonard Slat­kin. Par l’or­chestre natio­nal de Lyon (décembre). Envie de far west ? L’épo­pée du souffle est pour vous. Équipé d’un harmo­nica, vous appren­drez les bases de cet instru­ment avec Greg Zlap et pren­drez part au concert (janvier).

 
• Percus­sion-danse-humour •

Stomp

Depuis plus de 20 ans, ce spec­tacle survolté met le feu aux scènes du monde entier. Le voici de retour avec de nouveaux numé­ros et une troupe au mieux de sa forme. Trans­for­mant les objets du quoti­dien en instru­ments (de la poubelle au briquet), les 8 danseurs percus­sion­nistes imposent un rythme d’en­fer à leurs choré­gra­phies. C’est fort, tota­le­ment frappé et très explo­sif.

> En novembre au Radiant-Belle­vue.

 
• Théâtre •

La Belle et la Bête

Sur une scène quasi nue, deux comé­diens italiens nous racontent l’his­toire de La Belle et la Bête. Par leur magni­fique présence, l’in­tel­li­gence de leur jeu et leur accent qui force l’at­ten­tion, ils mettent en marche notre imagi­na­tion et nous emportent très loin avec eux. Nous traver­sons le château, assis­tons au repas, parta­geons les senti­ments qui les assaillent… En renouant avec l’es­sence même du théâtre, la compa­gnie Il Baule Volante nous offre un authen­tique moment de plai­sir.

> En mars au théâtre de Vienne.

 

• Nouveau cirque musi­cal •

Klaxon

Décou­verts l’an dernier à la Maison de la danse avec Pfffffff, spec­tacle plein de charme qui nous avait lais­sés sur notre faim tant on les sentait doués, les 11 acro­bates musi­ciens de la compa­gnie Akorea­cro donnent ici la pleine mesure de leurs talents. Moins narra­tif, plus tech­nique, Klaxon fait la part belle aux acro­ba­ties, privi­lé­gie les portés et voltiges (Claire, la seule fille de la bande, et Anto­nio, le char­meur latino, décollent avec une aisance sidé­rante). Basile Narcy (fils du comé­dien Rufus) éblouit à la roue Cyr, les musi­ciens sont tout-terrain (surtout le pianiste qui court après son instru­ment), le rythme est trépi­dant et l’en­semble d’une géné­ro­sité folle. Mais qu’on ne s’y trompe pas, sous l’ap­pa­rente faci­lité et les sourires affi­chés, il y a de vraies prises de risques, des gestes mille fois répé­tés par une troupe soudée qui en a encore sous le pied.

> En février, proposé conjoin­te­ment par le théâtre de Vénis­sieux, le théâtre Théo-Argence , le centre cultu­rel Char­lie-Chaplin de Vaulx-en-Velin, le Tobog­gan à Décines et le Pola­ris de Corbas.

 

-( 7 à 12 ans )-

 
• Atelier de créa­tion / parcours senso­riel (créa­tion) •

La meilleure façon de trou­ver, c’est de se perdre

En parte­na­riat avec le festi­val Micro-Mondes, le théâtre Les Ateliers qui rouvre ses portes invite le maître du théâtre senso­riel Enrique Vargas. Aidé par 12 habi­tants de Lyon, cet artiste qui éveille les sens de manière poétique va réali­ser un parcours senso­riel à l’at­ten­tion des enfants de 7 à 12 ans. Comment ressen­tir la ville avec ses yeux, sa bouche, son nez ? La goûter plei­ne­ment ? Grâce à des maquettes touchées du bout des doigts ou la recons­ti­tu­tion d’une boulan­ge­rie, la compa­gnie Teatro de los senti­dos souhaite éton­ner les plus jeunes et culti­ver la part d’en­fance des plus grands.

> En novembre au théâtre Les Ateliers.

 
 
-( 8 ans )-
 
• Théâtre •

Garçonne

Quand on a huit sœurs aînées et un père miso­gyne, il faut savoir ruser. Simon gran­dit sous l’œil protec­teur de sa mère, jusqu’à la décou­verte de son secret… Dans cette fable moderne fine­ment écrite et jouée, Elsa Imbert utilise tous les ressorts des contes pour évoquer la discri­mi­na­tion, l’im­por­tance d’être soi et d’ac­cep­ter ses désirs cachés. Une pièce très drôle et d’une grande richesse.

> En décembre à la Comé­die de Saint-Étienne, en janvier au TNG.

 
• Danse hip-hop •

The Roots

Kader Attou signe l’un de ses spec­tacles les plus enthou­sias­mants. Nourri par son expé­rience au sein de la compa­gnie Accro­rap et les diffé­rentes cultures qu’il a côtoyées, le choré­graphe rend hommage aux rencontres qui nous façonnent. Acro­ba­tique, poétique, tota­le­ment habi­tée, sa danse hip-hop est ponc­tuée de clins d’œil. D’hu­ma­nité aussi. Sous des lumières léchées, en solo comme dans les tableaux de groupe qu’il excelle à compo­ser, ses 11 inter­prètes donnent le meilleur d’eux-mêmes. Capables des accé­lé­ra­tions les plus folles comme des ralen­tis les plus saisis­sants, sur une bande-son éclec­tique, ils nous offrent une pièce à fort supplé­ment d’âme.

> En mars à l’espace Albert-Camus et au théâtre du Parc, en mars et avril au théâtre de Ville­franche.

 
• Théâtre •

Même les cheva­liers tombent dans l’ou­bli

Une petite fille blanche convain­cue d’être afri­caine rêve depuis toujours d’avoir la peau noire. À travers l’his­toire de deux enfants en quête d’iden­tité, Gustave Akakpo nous invite à réflé­chir : peut-on se choi­sir d’autres origines quand on se sent étran­ger à son corps, à sa famille, à sa culture ? Ce texte profond et chargé d’es­poir est mis en scène par Matthieu Roy.

> En mars à la Comé­die de Saint-Étienne et au théâtre Théo-Argence.

 

-( 9 ans )-
 
• Danse – images numé­riques (créa­tion) •

Pixel 

Avide de rencontres inédites lui permet­tant d’en­ri­chir sa danse hip-hop, le choré­graphe Mourad Merzouki a croisé la route d’Adrien Mondot et Claire Bardainne. Curieux et ultra­doués, ces créa­teurs d’images numé­riques, où le corps trouve sa place avec poésie, ont saisi la balle au bond (Adrien est aussi jongleur) pour inven­ter un spec­tacle à la croi­sée des arts. Comment danser sur un plateau en trois dimen­sions où l’illu­sion règne en maître ? Ce dialogue entre mouve­ments réels et paysages virtuels s’an­nonce passion­nant.

> En janvier à la maison de la danse, en mars à l’espace Albert-Camus.

 
• Théâtre •

Yaël Tauta­vel, ou l’en­fance de l’art

Instal­lés sur une île déser­tée par les animaux, Gaétan raconte à son jeune frère Yaël à quoi ressem­blait la vie avant cet exode. Mais le cadet peine à l’ima­gi­ner. Pour étan­cher sa soif de connais­sance, Gaétan décide d’em­me­ner Yaël là où se sont réfu­giées toutes les bêtes qu’il n’a jamais vues. Avant de quit­ter le TNG fin décembre, Nino D’In­trona reprend sa pièce à succès, nomi­née aux Molières 2007. Un moment de pure poésie et d’hu­mour tendre, où le texte facé­tieux de Stéphane Jauber­tie se conjugue parfai­te­ment à la féerie visuelle du metteur en scène. Au gré de ce voyage initia­tique qui mêle le rire et l’émo­tion, les deux frères appren­dront que pour gran­dir, il faut oser se sépa­rer et aller vers son destin. Un grand moment de théâtre.

> En décembre au TNG.

 
 
-( 10 ans )-
 
• Spec­tacle musi­cal •

West Side Story

Non seule­ment Gérard Lecointe a obtenu du vivant de Leonard Bern­stein son auto­ri­sa­tion d’adap­ter pour les percus­sions ce chef-d’œuvre de la comé­die musi­cale (voir inter­view p.), mais ce compo­si­teur émérite, fonda­teur des Percus­sions Claviers de Lyon, en a imaginé une version revi­si­tée, mise en espace par Jean Lacor­ne­rie. Derrière un rideau de chaînes sur lequel sont proje­tés les traduc­tions des chan­sons, les résu­més des actions et quelques images d’am­biance, appa­raissent les silhouettes des quatre chan­teurs et celles des musi­ciens des PCL. Le procédé plutôt futé réserve de belles surprises lorsque le rideau s’ouvre enfin. Sans parler des tubes qui mettent petits et grands en état de bonheur. Le foison­ne­ment visuel et le rythme enlevé néces­sitent toute­fois de connaître l’his­toire pour profi­ter plei­ne­ment de ce mélange des genres auda­cieux et réussi.

> En octobre au théâtre de la Renais­sance, en janvier à l’espace Albert-Camus.

 
 
-( 12–13 ans )-
 
• Théâtre •

La Jeanne de Delteil

Annulé l’an dernier pour cause d’heu­reux événe­ment, ce solo épous­tou­flant porté corps et âme par Juliette Rizoud est enfin repris. En 1h30, la comé­dienne retrace la vie de Jeanne d’Arc, de la nais­sance jusqu’au bûcher, en détour­nant tous les objets à sa portée. Déployant une éner­gie étour­dis­sante, elle campe une Jeanne char­nelle, forte et candide, aussi inou­bliable qu’at­ta­chante. L’adap­ta­tion de ce texte savou­reux par Jean-Pierre Jour­dain, la mise en scène ingé­nieuse et géné­reuse de Chris­tian Schia­ret­ti… tout est réussi dans ce spec­tacle vrai­ment unique.

> En avril et mai au TNP.

 
• Danse •

Barbe-Neige et les sept petits cochons au bois dormant

Dans un immense éclat de rire, Laura Scozzi prend sa revanche sur les contes de fées. Elle signe une satire polis­sonne et jubi­la­toire où chacun en prend pour son grade. Les princes sont loin d’être char­mants, Cendrillon ne perd pas que sa basket, le loup fait les yeux doux au Petit Chape­ron rouge, la fée ne maîtrise pas sa baguette et les sept Blanche-Neige un peu niaises n’ont qu’un seul nain sous la main… Formi­da­ble­ment jouée et dansée par huit inter­prètes qui viennent du hip-hop, sur des musiques sautillantes de Paga­nini, cette paro­die s’au­to­rise vrai­ment tout. Et c’est sacré­ment bon.

> En novembre à la Maison de la danse.

 
-( 14 ans )-
 
• Théâtre •

La Maison près du lac

Alors que la guerre fait rage, trois sœurs enfer­mées dans une petite chambre attendent le retour de leur mère. Pour passer le temps, elles jouent à faire semblant que tout est normal et enchaînent les leçons de danse, les cours de langue et de musique. Mais leur mère ne revient toujours pas. Oscil­lant entre le monde réel et l’uni­vers fantas­tique, Yaël Rasooly compose une pièce boule­ver­sante qui évoque l’Ho­lo­causte sans jamais rien impo­ser au regard. Grâce au mélange de caba­ret et de théâtre d’objets, l’hu­mour et le tragique se côtoient en perma­nence. L’émo­tion est au rendez-vous.

> En novembre au TNG.

 
• Théâtre •

L’École des femmes

Le vieil Arnolphe rêve de convo­ler mais redoute d’être trompé par sa femme. Il imagine qu’en épou­sant Agnès, son inno­cente pupille élevée dans un couvent, il pourra la façon­ner à son goût, comme on dresse un animal. Mais l’amour d’Ho­race pour la jeune fille va pertur­ber ses plans. Plus que jamais, cette comé­die cruelle de Molière s’avère salu­taire. Par une mise en scène sans fiori­tures, Chris­tian Schia­retti laisse le champ libre au texte et donne à voir la complexité des person­nages. L’ap­pa­rente faiblesse d’Agnès (Jeanne Cohendy), la violence et le trouble désar­mant d’Ar­nolphe (Robin Renucci)… À l’école de l’amour, chacun a des leçons à prendre.

> En octobre et novembre au TNP.