Bao est en CM2 à Taipei (Taïwan) et ses résul­tats scolaires laissent à dési­rer. Il faut dire que ses parents, très occu­pés par leur travail, envi­sagent de divor­cer, que sa petite sœur Algue l’in­sup­por­te… Enfant taiseux, renfermé sur lui-même, il ne s’in­té­resse qu’aux jeux vidéo. 

On l’en­voie chez son grand-père à la campagne pour l’été. Le premier contact est rude, les règles de vie trop strictes. Il s’y résout et commence même à s’y plaire quand il intègre l’école du village, où il est accueilli chaleu­reu­se­ment, et quand il se lie d’ami­tié avec Ming­chuan. Un bonheur de courte durée, car si la vie est plus douce à Quchi qu’à Taïpei, elle va aussi avec son lot de drames et de deuils. 

Film initia­tique qui oppose la culture tradi­tion­nelle à la fréné­tique vie moderne des villes, Un été à Quchi est une chro­nique à la fois belle et très dure de la vie d’un enfant asia­tique aujourd’­hui. Délais­sés par leur famille proche, obnu­bi­lée par la perfor­mance écono­mique, les jeunes Chinois, Taïwa­nais ou Coréens ont grandi loin de leurs racines et des valeurs ances­trales, dans un confort acquis mais qui ne suffit pas à leur épanouis­se­ment. Une géné­ra­tion sacri­fiée qui va nour­rir pendant plusieurs décen­nies l’ins­pi­ra­tion des cinéastes de son pays. À suivre donc…

Véro­nique Le Bris