Adver­saires, concur­rents ou complices, ils sont prêts à tout pour vous souti­rer quelques piécettes : éveiller votre curio­sité, faire appel à votre mauvaise conscience, jouer de l’in­ti­mi­da­tion…
Et vous, à qui allez-vous donner ? Qui allez-vous reje­ter, qui saura vous émou­voir, qui méri­tera votre géné­ro­sité ?

Le grand bonhomme n’ins­pire pas forcé­ment confiance mais il fait la manche avec humour et roublar­dise. Son impro­bable compa­gnon, le petit à l’air sympa­thique, joue le registre connu de la pitié. En quelques minutes, la force et la sensi­bi­lité de ce spec­tacle, d’abord écrit et pensé pour être joué dans la rue, nous saisissent en tant que spec­ta­teur mais aussi en tant que personne.
Il faut accep­ter d’être ques­tion­nés, que les codes de la mise en scène soient bous­cu­lés, que la rue arrive dans la salle de spec­ta­cle…

Avec vérité et éner­gie, les deux acteurs incarnent leurs person­nages avec finesse. Ils font la manche, nous harangue, sont à la fois victime et escroc et surtout nous donnent à voir et à entendre. Alors que le jonglage d’objets fait naître le rythme, la contre­basse devient parte­naire de voltige, totem, tour d’es­ca­la­de…

Le spec­tacle touche, émeut, boule­verse par ses moments de poésie. Il fait rire et nous parle d’aujourd’­hui. Oh que cela fait du bien.