Atten­tion ! Ce film est à mettre devant des yeux aver­tis. Bouboule n’est pas une comé­die qui aurait pour héros un jeune obèse dont on se moque genti­ment. 

Non, ce film relate avant tout que la vie d’un enfant trop gros est une véri­table école de l’hu­mi­lia­tion, que le réali­sa­teur, Bruno Deville, connaît bien pour l’avoir vécue pendant son enfance. 

Bouboule a 12 ans, il pèse plus de 100 kg, mange mal et plus que de raison et, évidem­ment, n’est pas très bien entouré : il a un seul ami, des sœurs sveltes pas très gentilles, une mère maladroite et débor­dée et un père récem­ment parti de la maison, donc très absent. 

Entre une consul­ta­tion chez le méde­cin chargé de surveiller son poids et des séances d’aqua­gym, Bouboule se lie d’ami­tié avec un maître-chien qui assure la sécu­rité dans le centre commer­cial du coin. 

Une rencontre qui le fascine mais le rejette encore plus à la marge de la société. Elle s’avè­rera toute­fois être un passage néces­saire pour qu’en­fin, on s’in­té­resse à lui, et pas seule­ment à ses kilos. 

Pas vrai­ment drôle, mais pas tragique non plus, Bouboule relève plus du rite de passage d’un jeune adoles­cent mal dans sa peau. Une expé­rience certai­ne­ment salva­trice pour tous ceux qui ont des comptes à régler avec l’âge ingrat. Pas sûr que la leçon concerne suffi­sam­ment les autres. 

Véro­nique Le Bris