La petite reine, symbole de liberté et d’un certain art de vivre, tout le monde l’aime. Pour preuve, près de 3 millions de vélos sont vendus chaque année en France. Saviez-vous néan­moins que Saint-Étienne peut s’enor­gueillir d’être la capi­tale du cycle ? En 1886, c’est en effet à Saint-Étienne que fut construite la première bicy­clette française par les frères Gauthier, avant que la commune et ses envi­rons deviennent durant un siècle les leaders des construc­teurs et des fabri­cants de pièces déta­chées. C’est à la décou­verte de cette grande épopée du vélo stépha­nois que nous invite le musée d’Art et d’In­dus­trie de Saint-Étienne. Plus de 70 vélos, des affiches origi­nales, des cata­logues et une table carto­gra­phique tactile retracent cette histoire glorieuse. Cette expo­si­tion tempo­raire montre comment les fabri­cants ont adapté leurs bicy­clettes à chacun des usages dès la fin du XIXe siècle : vélos pour dames, vélos pour ecclé­sias­tiques, tandem fami­lial pour cyclo­tou­risme muni d’un siège pour enfant en osier, engin de cour­se… Côté cham­pions, admi­rez notam­ment le vélo de contre-la-montre de Raymond Pouli­dor et le vélo de piste de Jean­nie Longo. Profi­tez de votre visite pour décou­vrir, dans l’es­pace d’ex­po­si­tions perma­nentes cette fois, des spéci­mens très anciens, à l’ins­tar de la drai­sienne arti­sa­nale (1820). Appelé aussi la « machine à courir », ce modèle, qui néces­si­tait de pous­ser son engin avec ses pieds, ne rencon­tra pas un succès fou. C’était avant l’in­ven­tion géniale de la pédale et des vrais vélos, qui n’ont pas fini de nous trans­por­ter. 

Aude Spil­mont