Mais qu’est-il arrivé à l’ado­rable Moomin, que nous avions décou­vert au cinéma en mars 2011 ? Venue de Finlande et portée par l’ima­gi­na­tion douce de l’au­teure Tove Jann­son, cette créa­ture mi-hippo­po­tame, mi-troll a troqué, dans ce deuxième film, sa bonne humeur, son intel­li­gence et sa curio­sité pour une série de clichés et d’a priori qui collent mal avec le person­nage initial. 

À cause d’une tempête et d’une menace de pirates, Moomin et sa famille doivent quit­ter leur vallée idyl­lique pour atter­rir dans un hôtel luxueux de la Côte d’Azur. Sur place, ils se mettent à fréquen­ter la clien­tèle riche et super­fi­cielle du palace. Ce qui pour­rait être fatal à leur belle unité fami­liale.

Préten­du­ment inspiré du voyage de Tove Jans­son à Juan-les-Pins en 1954 et dont elle tira une des premières histoires de la série, ce film de Xavier Picard est une satire lourde et sans aucune subti­lité des classes sociales privi­lé­giées et des rêves que suscite leur manière de vivre. La fian­cée de 

Moomin, Snork­mai­den, ambi­tieuse et fasci­née par le luxe et la célé­brité, y est dépeinte de la manière la plus cari­ca­tu­rale qui soit. 

Ce film malha­bile, à charge, ne dépasse plus alors le niveau d’un dessin animé de télé­réa­lité. On l’ou­blie vite, en espé­rant que le prochain opus, s’il voit le jour, retrou­vera les valeurs posi­tives de la famille Moomin.

Véro­nique Le Bris