Jean a six ans et rentre au CP. Sa maîtresse n’a vrai­ment pas l’air commode. Aussi, quand elle lui demande ce que font ses parents, il ment. Il sait très bien que son père dirige une usine : celui-ci n’est d’ailleurs pas très dispo­nible pour son frère et lui. Quant à sa mère, c’est plus flou. Elle est tout le temps en voyage. C’est à Michèle, sa petite voisine, qu’elle envoie des cartes postales pour Jean, parce qu’elle sait les lire. Et Jean, les voyages, ça le fait rêver…

Adapté de la BD auto­bio­gra­phique de Jean Regnaud, ce film raconte le quoti­dien de ce jeune garçon durant le premier trimestre de son CP, ses joies, ses peurs, ses rêves, d’une manière très touchante et déli­cate. On est constam­ment à ses côtés, pour ne pas dire dans sa tête. Comme sa person­na­lité est lunaire et que l’his­toire est très forte, on suit les méandres de sa pensée avec atten­tion. Les dessins, volon­tai­re­ment clas­siques et presque réalistes, repré­sentent très bien l’époque où l’his­toire prend place, au début des années 1970. Mais c’est évidem­ment la confron­ta­tion de Jean à la vérité qui reste le point fort de ce film, peut-être un tout petit peu trop sage pour être tota­le­ment boule­ver­sant. 

Véro­nique Le Bris.