Fran­cis Hallé est bota­niste, spécia­liste des forêts primaires tropi­cales et passionné par son métier. Il a eu l’idée d’un docu­men­taire qui raconte l’his­toire d’une de ces forêts, lui qui les a vues dispa­raître du fait de l’homme. Et c’est aussi lui qui a choisi d’en confier la réali­sa­tion à Luc Jacquet (La Marche de l’em­pe­reur). 

« Les arbres ont inventé la vie immo­bile », commence Fran­cis Hallé qui présente, commente et dessine tout au long du film. Grâce à un mélange surpre­nant mais fina­le­ment réussi de prises de vues réelles et d’ef­fets spéciaux, qui a pour fonc­tion de nous montrer en temps accé­léré l’évo­lu­tion dont parle F. Hallé, le docu­men­taire explique de manière péda­go­gique comment naît une forêt, comment elle se déve­loppe durant les 7 siècles néces­saires à son apogée, puis comment elle s’étiole. 

On comprend donc très faci­le­ment que l’arbre est l’élé­ment pivot d’un écosys­tème sophis­tiqué qui mûrit à la lumière et pousse grâce à l’eau. Ce milieu compte des dizaines de milliers d’es­pèces végé­tales et animales, toutes reliées entre elles dans une vaste toile qui favo­rise leur commu­ni­ca­tion. L’arbre est peut-être immo­bile, mais tous ses colo­ca­taires fores­tiers contri­buent à répandre ses semences et ses fruits aussi loin que possible. C’est ce qui le fait vivre, et nous aussi. 

Véro­nique Le Bris