En octobre, on commé­mo­rera les cinquante ans de la mort de Jean Cocteau, génial créa­teur aussi réputé pour sa litté­ra­ture et sa poésie que pour ses films. C’est égale­ment le grand inspi­ra­teur de tout un art de la mise en images du conte de fées qui a, par exemple, profon­dé­ment influencé Jacques Demy. La restau­ra­tion de son chef-d’œuvre, La Belle et la Bête, est l’éve­ne­ment fort de cet anni­ver­saire. 

Cocteau réalise ce film en 1946, sur une idée de Jean Marais, qui lui propose de mixer deux contes des 17e et 18e siècles. L’ac­teur y inter­prè­tera trois rôles, celui de l’amou­reux de la Belle, celui du prince et celui de la Bête. En son château mysté­rieux, la Bête, à figure animale, répu­gnante de laideur, propose un marché à un commerçant ruiné qui échoue chez elle : elle lui laisse la vie sauve à condi­tion que celui-ci lui donne une de ses trois filles. Belle se dévoue et finit par venir vivre au château, où la Bête la couvre de cadeaux et d’at­ten­tions. Car la Bête a un souhait : que Belle l’épouse. 

Conte fantas­tique à la limite du rêve, ce film merveilleux, inven­tif, à la beauté noire et blanche sidé­rante, reste un clas­sique à voir et à revoir sans limites. 

Véro­nique Le Bris.