Lila a 12 ans et vit au bout du monde, dans les montagnes du sud de l’Ar­gen­tine. Elle va à l’école à cheval et reste sur place pendant une semaine tant les distances sont grandes ! 

Lila n’a qu’une idée en tête : retrou­ver son père, un homme dont elle ne sait rien, même pas le nom. Pour­tant, elle est prête à tout pour le rencon­trer au moins une fois, même à convaincre sa prof de SVT de l’ai­der. 

Une fois prou­vée sa déter­mi­na­tion, le film aurait pu être une sorte de road-movie à travers cette partie déshé­ri­tée de l’Ar­gen­tine. Le réali­sa­teur, Matías Lucchesi, a plutôt choisi de mettre en avant l’hu­ma­nité de la démarche de la jeune fille. Il privi­lé­gie ainsi la rela­tion entre l’ado et le profes­seur, puis avec les hommes qui pour­raient être son père. 

Sans jamais tomber dans un pathos drama­tique, le cinéaste reste à bonne distance pour montrer que cette quête iden­ti­taire était indis­pen­sable à la construc­tion de Lila. Il ne s’at­tarde pas sur les impli­ca­tions que sa décou­verte pour­rait avoir pour les adultes qui lui ont toujours caché sa filia­tion. Comme si elle avait déjà conscience que dévoi­ler le secret de son origine était une démarche pure­ment person­nelle, qui ne devait pas remettre en cause l’ordre du monde. Touchant. 

Véro­nique Le Bris