Ces quatre courts-métrages pour les tout-petits ont pour thème commun la musique. Le premier, Sous un coin de ciel bleu, est un film chanté. C’est aussi le plus gai et le plus réussi de la série. La prin­cesse du pays bleu a le blues et veut voir la vie en rouge. Le royaume change de couleur mais plus rien ne va… Avec ses dessins sans pers­pec­tives, ses emplois de matières gros­sières (du tricot par exemple) et ses couleurs chamar­rées, ce petit bijou amusant et stimu­lant doit aussi beau­coup aux paroles enle­vées et à la voix d’Agnès Jaoui. 

Les deux suivants sont, eux, concep­tuels. Dans Fugue, au graphisme épuré, un homme plante un végé­tal et tente de captu­rer un nuage pour l’ai­der à gran­dir, et ce sur un air de flûte traver­sière. La Garde-barrière raconte, avec un fort sens de l’ab­surde, le quoti­dien d’une femme char­gée de surveiller un passage à niveau désert. Avec sa vache et son violon. 

Enfin, L’His­toire du petit Paolo reprend le spec­tacle pour enfants de Marc Perrone, consa­cré à l’ac­cor­déon. L’his­toire évolue par allers-retours entre images réelles (Perrone devant un audi­toire d’en­fants) et dessin animé. Malgré sa voix chaleu­reuse, le procédé est rébar­ba­tif. Statique quand il s’agit du conte et au graphisme daté quand il s’agit de l’ani­ma­tion. L’en­semble reste, toute­fois, un moyen intel­li­gent de sensi­bi­li­ser les plus jeunes à la musique comme au cinéma.

Véro­nique Le Bris