Quel autre animal que le mouton pouvait mieux coller à l’uni­vers so british des studios Aard­man ? Pour mémoire, ce sont les pères fonda­teurs de Wallace & Gromit, nés en 1994. 

Shaun le mouton est l’une de leurs dernières créa­tions, mais cet animal a depuis long­temps fait ses preuves. Né dans l’épi­sode Wallace & Gromit : rasé de près, un court-métrage osca­risé en 1996, il est devenu la vedette d’une série télé­vi­sée diffu­sée sur la BBC et un peu partout dans le monde depuis 2007. Il a désor­mais les honneurs du grand écran. Une chance pour nous comme pour lui, qui sort ainsi du format étriqué de courtes saynètes de 7 minutes, pour une véri­table histoire ! 

Shaun habite avec ses amis moutons dans une ferme. Le trou­peau, bien sage, bien grégaire, est gardé par le chien Bitzer. La vie s’écoule tranquille, mono­tone même, chaque jour iden­tique au précé­dent. 

Juste­ment, Shaun aime­rait bien un peu de chan­ge­ment et se plaît à rêver d’une jour­née de vacances hors de l’en­clos. Il voudrait bien voir du pays. Armé de toute sa malice, il déjoue l’or­ga­ni­sa­tion minu­tieuse du fermier pour prépa­rer sa sortie. 

Évidem­ment, rien ne se passe comme prévu. Un enchaî­ne­ment de circons­tances propulse Shaun et le reste du trou­peau de la verte campagne à la grande ville. Mais là, les codes n’ont rien à voir avec ceux qu’ils connaissent. Les moutons vont devoir s’adap­ter fissa… s’ils ne veulent pas finir illico à la four­rière animale ! Shaun et ses amis réus­si­ront-ils à déjouer les pièges et à retrou­ver leur fermier pour rentrer chez eux ? 

Ce dessin animé qui reprend la tech­nique qui a fait le succès d’Aard­man – à savoir de l’ani­ma­tion image par image à partir de marion­nettes en pâte à mode­ler – s’af­firme dès les premières images comme un petit bijou d’hu­mour décoif­fant, avec des situa­tions plus burlesques les unes que les autres. Sans qu’au­cune parole ne soit jamais pronon­cée, le récit s’en­chaîne avec une limpi­dité et une flui­dité exem­plaires et un art de l’à-propos qui avait un peu fait défaut dans leurs dernières créa­tions. 

En dehors de l’ex­cellent Chicken Run, la pâte Aard­man avait connu quelques coups de griffes qui avaient bridé son inspi­ra­tion dans Wallace & Gromit : le mystère du lapin-garou, Souris City ou Les Pirates !, bons à rien, mauvais en tout. Désor­mais copro­duit par des Euro­péens (et non plus des Améri­cains), Aard­man retrouve tout ce qui avait fait le bonheur des premiers courts-métrages de Wallace & Gromit. Shaun le mouton est une totale réus­site et cela, que l’on ait 4 ou 77 ans !