Ils ont entre 11 et 14 ans et viennent d’Égypte, du Séné­gal, de Serbie, de Chine, du Chili, d’Ukraine ou d’Ir­lande. Ils se retrouvent dans une classe d’ac­cueil d’un collège de Paris pour apprendre à mieux maîtri­ser le français, avant de partir suivre un cursus scolaire plus clas­sique. Ils rêvent d’être chan­teuse, méde­cin ou violon­cel­liste, mais doivent dépas­ser la barrière de la langue pour y parve­nir. 

Julie Bertuc­celli a posé sa caméra pendant une année scolaire dans cette classe, suivant les progrès des uns, les décep­tions des autres. En se concen­trant sur une dizaine de jeunes, elle met l’ac­cent sur ce qu’être un immi­gré veut dire. Souvent ballo­tés pour des raisons qui leur échappent (histoire d’amour, pres­sion écono­mique ou poli­tique etc.), ces adoles­cents n’ar­rivent jamais en France par plai­sir mais ils doivent y prendre leur place, en étant le relais de leurs parents souvent non-fran­co­phones. Un chan­ge­ment brutal de leur vie qu’ils perçoivent encore comme une chance. Sans être mièvre, ce film, parfois émou­vant, envoie un message posi­tif sur ce bras­sage cultu­rel et sur l’ac­cueil de nos écoles. 

Véro­nique Le Bris