Inutile d’at­tendre le train, la gare des Ramiè­resn’en a jamais vu passer ; c’était jadis un hôtel, racheté, il y a peu, par les collec­ti­vi­tés locales pour créer un centre péda­go­gique et touris­tique, ainsi qu’un lieu de recherches, sur la rivière Drôme, au cœur d’une réserve natu­relle qui s’étire sur une dizaine de kilo­mètres entre Crest et Livron.

Le bâti­ment abrite un espace muséo­gra­phique, avec notam­ment une mare vitrée pour être au plus près des pois­sons hôtes de la rivière. Plus loin, des jeux autour du castor, un atelier senso­riel… permettent d’ap­pré­hen­der aussi la richesse de la réserve natu­relle.

Pour ceux qui ont des four­mis dans les jambes, plusieurs sentiers sont acces­sibles à pieds comme à V.T.T. Et au milieu, coule une rivière qui vaut de l’or, même si son lit ne regorge pas du précieux métal. C’est en effet l’une des dernières rivières sauvages d’Eu­rope, un cours d’eau en tresse qui suit son cours sans contraintes : pas de barrages, donc des îles, des bancs de gravier… Tout pour lui confé­rer une valeur écolo­gique excep­tion­nelle.

Quelques chiffres : plus de 680 espèces végé­tales, dont des orchi­dées sauvages très rares, et donc proté­gées, 200 espèces de papillons, une cinquan­taine d’es­pèces de libel­lules, une centaine de varié­tés d’oi­seaux migra­teurs… La qualité de l’eau est sous l’étroite surveillance de l’apron, un pois­son raris­sime, extrê­me­ment sensible à la pollu­tion, qui nage – dans le bonheur – dans les fonds purs du cours d’eau. Ce pois­son fait l’objet de nombreux programmes de protec­tion. Enfin, “last but not least”, la guest star des lieux : le castor. Des sorties d’af­fût sont orga­ni­sées par les anima­teurs de la réserve. Ici a été choisi un moyen écono­mique et natu­rel de lutter contre l’am­broi­sie, si aller­gène : plus de 200 brebis sont à l’ou­vrage pour brou­ter la plante avant qu’elle ne fleu­risse. Rien n’a été négligé pour préser­ver le fragile équi­libre de cet éden natu­rel.

Vincent Jadot, avril 2014.